L'Usine Nouvelle - Dans un contexte tendu économiquement, quel bilan tirez-vous de l’année 2023 ?
Emmanuel Gerardin - Nous restons sur une évolution globalement stable même si on accuse une petite perte de volume de l’ordre de 3%. Mais étant donné le contexte économique du moment, on est très contents de ces résultats. La variation est tout à fait marginale au regard des volumes que nous produisons. Précisément, cela représente 1,7 milliard de litres vendus en 2023 et 1,3 milliard de bouteilles. C’est globalement stable.
Les minéraliers sont de plus en plus pointés du doigt pour leur prélèvement en eau, souvent jugés excessifs. Quelles sont les initiatives que vous avez instaurées pour réduire ces prélèvements?
La dernière initiative en date remonte à 2023. Nous avons démarré notre dernière ligne sur les eaux minérales, la même que celle déployée l’année précédente. Ce nouvel équipement permet de souffler les bouteilles, de les embouteiller, de les étiqueter et de les boucher sans l’étape de rinçage. Nous déployons cette technologie depuis 2017 dans notre usine. Nous avons ainsi économisé 17% d’eau sur nos prélèvements pour des volumes restés stables depuis cette période. Cela représente 460 millions de litres économisés. Aujourd’hui, nous avons sept lignes d’embouteillages d’eau minérale. A la fin de l’année, nous n’en aurons plus une seule qui rince les bouteilles à l’eau. Avant 2017, c’était 100%. Au total, 30 millions d’euros ont été investis dans notre outil industriel pour économiser l’eau.

- 1102.98+6.11
Mars 2026
Huile de palme - Malaisie$ USD/tonne
- 472.5+2.86
Mars 2026
Graines de soja - Etats-Unis$ USD/tonne
- 658.25+5.07
Mars 2026
Phosphate diammonique (DAP)$ USD/tonne
Considérez-vous que ce soit suffisant au regard de l’urgence climatique ?
Non, nous allons accélérer nos efforts avec notamment la mise en place à grande échelle de notre projet "Re-Use". Depuis 2021, nous avons testé un pilote sur le site de Volvic qui représentait 1/60e de l’échelle réelle de notre future installation. Grâce à cette station de recyclage de nos eaux de process, nous allons réutiliser 80% des eaux usées de l’usine pour les réinjecter dans les installations grâce à des systèmes des filtrations de type roseaux, osmose inverse, ultrafiltration, etc… Nous l’avons testé pendant plusieurs mois. Le système fonctionne et permet de produire une eau potable. L’enjeu n’est pas de l’embouteiller bien sûr, mais de la réutiliser pour les besoins de l’usine. Ce type d’installation n’était pas encore autorisé dans l’industrie agroalimentaire. Un décret doit paraître prochainement pour lever cette interdiction. Aujourd’hui, on est prêts à appuyer sur le bouton.
Le projet pourrait être mis en œuvre à horizon 2026. Cette station nous permettrait d’économiser 250 à 300 millions de litres annuels supplémentaires. Par ailleurs, notre niveau de prélèvement a baissé ; les injonctions de l’État nous demandent également de baisser de 10% nos prélèvements. Une autre marche de 10% supplémentaire est prévue pour 2026.
Concernant l’économie de matières premières, notamment le plastique, où en êtes vous ?
Depuis 2017, nous avons économisé 10% de quantité de plastique sur la production de nos bouteilles, grâce à de nouvelles technologies de fabrication. Nous continuons à utiliser du plastique recyclé, qui représente aujourd’hui 60% de notre production. Le petit format et le 8L sont déjà 100% recyclés. L’enjeu est d’être à 100% pour toutes les gammes dès 2025. Il faut savoir que les filières d’approvisionnement de plastiques recyclés sont insuffisantes, ce qui contribue à faire flamber les prix. Fabriquer avec du plastique recyclé aujourd’hui coûte 60% plus cher qu’avec du plastique vierge ! Malgré tout, nous tenons le cap et nous serons prêts.



