Norlin s'installe «dans le cœur de la production de lin», en Normandie, la première région productrice du pays, près de 40% de la production mondiale. L'entreprise familiale lilloise, fondée en 2001, a posé, le jeudi 26 juin 2025, la première pierre de son usine à Malleville-sur-le-Bec, dans l'Eure. Un déménagement et un nouveau métier, puisque Norlin va découvrir la transformation du lin, en parallèle de ses activités de commercialisation.
L'entreprise investit cinq millions d'euros dans une usine de 3000m²(1000 m²de production, 2000m²de stockage) pour intervenir «en deuxième transformation, après le teillage, [opération, ndlr] dont nous sommes complémentaires», indique Loïc Charron, le dirigeant. «Nous produirons des fibres courtes, aux trois quarts pour le marché textile, ainsi que pour des marchés plus techniques, comme l'isolation et les composites», détaille-t-il. Ces derniers sont des débouchés prometteurs, offrant une alternative recherchée au plastique. Les fibres de lin en sont une autre. L'usine traitera également l'anas de lin (l'intérieur de la tige, aux airs de copeaux de bois), utilisé pour des panneaux en aggloméré ou l'alimentation de chaudières biomasse, par exemple.
Une production annuelle de 4000 tonnes visée
«Nous allons nous faire la main avec une première ligne, qui pourra aller jusqu'à 4000 tonnes par an. Il est prévu une extension avec deux lignes supplémentaires en 2028 car il y a une vraie demande. Le marché est dynamique», se projette Loïc Charron, dont l'entreprise passera de un à dix salariés, grâce à cette usine. L'agrandissement, lui, entraînera une dizaine d'embauches. Le tournant que prend Norlin doit également lui permettre de doper son chiffre d'affaires, chiffré à 22 millions d'euros en 2024. Le patron table sur 12 millions d'euros de plus grâce à la transformation, avec des clients plus variés, «de l'ultralocal au grand export» (Norlin travaille pour moitié avec des clients indiens, tandis qu'un quart de son activité est européenne et le reste part vers la Chine), à partir de janvier 2026 et la mise en route du site. L'usine a aussi vocation «à accompagner le développement où la demande est plus importante que l'offre».



