Norgine Pharma, laboratoire néerlandais spécialisé dans les traitements en gastroentérologie, qui a réalisé 530 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2022, vient d’annoncer un effort d’investissement à hauteur de 18 millions d’euros pour «faire du site de Dreux le centre d’excellence de Norgine Pharma, doté de technologies de pointe pour produire des médicaments de nouvelle génération», confie à L’Usine Nouvelle son directeur Cédric Aillerie. Fort de 1400 collaborateurs via ses 12 filiales en Europe, Norgine Pharma compte deux sites de production, l’un au Pays de Galles et l’autre à Dreux en Eure-et-Loir.
Ce dernier, doté de 7 ateliers de fabrication et 8 lignes de conditionnement, produit chaque année 13 millions de produits pharmaceutiques. «Cet investissement a pour but de doubler nos capacités pour y produire 26 millions de médicaments d’ici à 2027», explique le directeur, qui se réjouit de renforcer la production industrielle française et l’emploi local. Ce projet s’accompagnera du recrutement de 40 à 50 personnes, opérateurs et techniciens comme ingénieurs et managers, qui rejoindront les 146 salariés du site. «Nous accueillerons prochainement les chefs de projet pour accompagner cette montée en compétences sur les 18 prochains mois», précise-t-il. Les travaux nécessaires, prévus sur 8 à 10 mois, doivent permettre de sortir les premiers packs de ces médicaments d’ici à 2026.
Des unités de gastroentérologie de nouvelle génération
«Dès la fin de cette année nous pourrons sortir deux produits de nouvelle génération dont le rôle est primordial dans le dépistage du cancer colorectal», explique le directeur. Avec l’acquisition des licences pour les produits Plenvu et Moviprep - destinés à la préparation d’examens de coloscopie -, Norgine Pharma souhaite apporter sa pierre à l’édifice dans le dépistage de ce cancer qui tue encore chaque année 17000 personnes en France. Comptant 11% de ses effectifs en R&D, Norgine Pharma s’investit constamment avec ses partenaires dans la recherche. «Les deux nouvelles lignes de production vont également accueillir la production d’un médicament dédié aux enfants soignés en oncologie pour bloquer les effets indésirables de la chimiothérapie, notamment au niveau de leur ouïe», précise-t-il. Car le site, spécialisé en traitements en gastroentérologie, qui produit une gamme de 80 références, a diversifié son portefeuille avec des produits dédiés à la réanimation, des anesthésiques ainsi que des médicaments ORL.
«Les 18 millions seront répartis entre la partie infrastructure et les équipements», explique Cédric Aillerie. Afin d’accueillir ces futures lignes et équipements (broyeurs de sel, étuyeuse, étiqueteuse…), quatre grands ateliers de conditionnement disponibles sur le site seront aménagés et quatre «box» de production installés, «en utilisant une partie du magasin, et en agrandissant notre site par la hauteur». Cinq mètres supplémentaires permettront le conditionnement des poudres sèches en sachets «grâce à la gravité».
Le site drouais, où les flux seront optimisés selon la règle des 5S, entend poursuivre son développement et jouer un rôle dans l’indépendance sanitaire française : «nous produisons à 49% pour la France et à 89% pour le marché européen», explique Cédric Aillerie.
«L’inspection du site de Dreux par l’ANSM en avril 2024 a été passée avec succès et a permis de confirmer son excellence opérationnelle sur le plan qualité. Cette étape constitue un élément essentiel pour assurer le développement futur du site. La prochaine étape souhaitée par le site drouais est désormais la certification par la FDA», conclut-il.



