Spécialisée dans la séquestration de long terme du carbone atmosphérique en zone tropicale, la start-up française NetZero a levé 18 millions d’euros. La startup a profité d'un déplacement d'Emmanuel Macron au Brésil, le 27 mars pour en faire l'annonce. L'opération s'est faite auprès du fonds français d’infrastructure STOA, géré par Groupe Caisse des Dépôts, et de l'Agence française de développement (AFD) pour développer son activité au Brésil. Afin de capturer le carbone, NetZero produit du biochar, une poudre de charbon de bois qui peut être utilisée pour enrichir l'humus des sols. Ce dernier est produit à partir de parche de café, de noix de coco, de cosse de cacao, ou encore balles de riz.
Pas de marché en France pour l'instant
L'entreprise compte déjà deux unités de valorisation des résidus agricoles secs au Brésil. Elle va lancer la construction de trois nouvelles unités en 2024, puis une dizaine en 2025. Le potentiel dans le pays serait d’une centaine d’unités. Si cette solution de séquestration durable de CO2 atmosphérique n’a pas trouvé de marché en France, le déficit en puits de carbone naturels pourrait changer la donne, démontre une étude de Cabon Gap.
Cofondée par Axel Reinaud, ex-consultant du BCG, et le climatologue Jean Jouzel, NetZero a été la seule entreprise française lauréate de la fondation d'Elon Musk, qui lui avait remis en mai 2022 un prix de 1 million de dollars. La start-up s’est fixé comme objectif de séquestrer plus de 5 millions de tonnes de CO2 atmosphérique en cumulé à horizon 2030. En parallèle, elle veut améliorer le niveau de vie de dizaines de milliers d’agriculteurs. En février 2023, Netzero avait déjà levé 11 millions d’euros notamment auprès de Stellantis, L’Oréal et CMA-CGM, pour industrialiser son procédé.



