C’est dans un contexte pour le moins chahuté, entre érosion de ses ventes et réorganisation de sa direction, que Nestlé a présenté ses résultats ce 13 février. L’entreprise, qui trône parmi les plus grandes entreprises agroalimentaires de la planète, enregistre une légère baisse de son chiffre d’affaires sur l'exercice 2024, à 91,3 milliards de francs suisses (environ 96 milliards d’euros), ainsi qu’une baisse de près de 3% de ses bénéfices nets à 10,9 milliards CHF (11,5 milliards d’euros).
Marge stabilisée, croissance en berne
Nestlé indique avoir maintenu une marge opérationnelle à 17,2%, ce qui est légèrement mieux que l’objectif fixé par la nouvelle direction fin 2024, mais en deçà des ambitions de la direction précédente, partie à l’été 2024, qui ambitionnait de porter la marge entre 17,5 % et 18,5% courant 2025. Un objectif qui semble désormais remisé. Sans surprise, la croissance du géant de Vevey est en berne, alors que sa stratégie de hausse des prix pendant l’inflation, si elle a permis de protéger les marges, a détourné les consommateurs. «La croissance organique a atteint 2,2%, avec une croissance interne réelle (RIG) de 0,8% et un effet prix de 1,5%», indique Nestlé dans son communiqué de presse du 13 février.
Des chiffres qui expliquent, outre les difficultés opérationnelles, à l’image de celles traversées par sa division eaux en France, que le Suisse soit chahuté en Bourse ces derniers mois. L’action a fondu de près de 20% en un an. À moins de 80 francs suisses en cette mi-février, elle est loin du pic autour de 130 CHF observé en 2022. Au grand désarroi des fonds de pension et les boursicoteurs Suisses.
Plan d'action et avenir de la division eaux
Pour retrouver les sommets, le capitaine de navire Laurent Freixe, arrivé à l’été, espère avoir trouvé la recette. «Nous disposons d’une feuille de route claire pour accélérer la performance et nous préparer pour l’avenir. L’augmentation des investissements pour stimuler notre croissance est une priorité. Cela implique de proposer des produits au goût et à la qualité supérieurs avec un rapport qualité-prix imbattable (...). Les ressources pour financer ces investissements de croissance sont générées par notre nouveau programme triennal d’économies d’un montant de 2,5 milliards de CHF. Nous progressons bien et avons déjà assuré des économies de plus de 300 millions de CHF pour 2025», rapporte le communiqué.

- 1102.98+6.11
Mars 2026
Huile de palme - Malaisie$ USD/tonne
- 472.5+2.86
Mars 2026
Graines de soja - Etats-Unis$ USD/tonne
- 658.25+5.07
Mars 2026
Phosphate diammonique (DAP)$ USD/tonne
Le dirigeant français a indiqué ces derniers mois vouloir s’appuyer sur les marques fortes du groupe, et notamment ces 31 marques «milliardaires» – dont le chiffre d’affaires dépasse le milliard d’euros, comme KitKat ou Nespresso – pour repartir de l’avant. Le groupe indique aussi vouloir s'appuyer sur ses marques plus locales qui carburent. Des mesures qui doivent permettre, «à moyen terme», de retrouver un rythme de croissance de 4% par an. En revanche, l'avenir des marques qui performent moins est plus incertain. «Des plans d’action sont à présent élaborés pour 18 unités commerciales principales peu performantes, qui représentent 21% du chiffre d’affaires», est-il par ailleurs indiqué. Les mouvements de cessions seront à surveiller dans les prochains mois.
Pas de cession pour la division eaux
Ca ne devrait pas être le cas pour la division eaux, alors que Laurent Freixe a fermé la porte pour une vente lors de la conférence de presse de présentation des résultats, indiquant que Nestlé, qui a réorganisé sa division "Waters", cherche toujours un partenaire pour conduire cette activité. Le dirigeant en a profiter pour fustiger la réglementation française sur la filtration qualifiée d'«inadéquate». Nestlé mène une campagne en France pour faire évoluer les normes en vigueur sur le sujet.
Mise à jour 9h49 à l'issue de la conférence de presse de présentation des résultats.



