Montants records pour le financement des biotechs et medtechs en France et en Europe

Le secteur des biotechnologies et de la medtech en Europe a enregistré en 2019 un montant record de levées de fonds, pour un total de 9,1 milliards d’euros, d’après le Panorama France Healthtech 2019 présenté par France Biotech. La France se classe deuxième au niveau européen. Dans le pays, le vivier de sociétés dépasse les 1 700 entreprises, majoritairement des TPE.

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La France se classe deuxième en Europe pour les levées de fonds des entreprises de biotech et de medtech.

En 2019, les fonds levés par les sociétés de la healthtech, qui regroupe les biotechs et les medtechs (équipements médicaux innovants) ont atteint un montant record de 9,1 milliards d’euros en Europe, contre 7 milliards environ les années précédentes. C’est ce qui ressort du Panorama France Healthtech 2019 présenté le 5 février par l’association France Biotech, en partenariat avec le cabinet EY, Euronext et l’assureur QBE.

Sur ces 9,1 milliards d’euros, 6,7 milliards sont issus de fonds de capital-risque, contre 5 milliards en 2018, et le reste provient des fonds levés en bourse, qu’il s’agisse d’introductions sur le marché ou d’opérations de refinancement.

La France en deuxième position

En Europe, la France se classe en deuxième position en termes de financement pour la healthtech, avec 1,79 milliard d’euros levés. Ce qui la place derrière le Royaume-Uni (2,08 milliards), et devant la Belgique (1,7 milliard). Toutefois, cette troisième position belge résulte surtout du vaste accord de collaboration signé l’été dernier entre la biotech Galapagos et l’américain Gilead Science, ce dernier investissant près d'1 milliard d’euros dans le capital du laboratoire belge. Habituellement, c’est plutôt la Suisse, disposant d’un dense réseau de biotechs, qui se classe en troisième position.

Approches plus ciblées et personnalisées

Ce renforcement des investissements dans les secteurs de la biotech et de la medtech est une preuve de leur attractivité. "Ces entreprises représentent un potentiel économique et sociétal majeur", assure Chloé Evans, responsable des études sectorielles et des relations internationales de France Biotech.

L’association représentant les sociétés françaises en biotechnologies de santé et en medtechs distingue plusieurs facteurs. Ces entreprises sont particulièrement focalisées sur des problématiques comme le vieillissement, l’augmentation des maladies chroniques, les maladies infectieuses, mais aussi les maladies rares et les pathologies lourdes. Or, avec des approches plus personnalisées et plus ciblées de traitements et des technologies innovantes, les projets en développement ne visent plus le traitement palliatif de certaines maladies incurables mais bien la guérison.

Médicament orphelin

Les biotechnologies se concentrent ainsi sur les besoins médicaux non satisfaits. D’où leur attrait pour les investisseurs, avec des possibilités de très bonne valorisation mais aussi de vrais risques de ne pas aboutir. Selon le panorama 2019, les aires thérapeutiques les plus ciblées par les projets biotechnologiques en France sont ainsi l’oncologie (28%), les maladies infectieuses (13%) et les pathologies du système nerveux central (11%). A elles seules, les maladies génétiques représentent 5%. Et 12% des produits en développement disposent du statut de médicament orphelin, lesquels visent les maladies les plus rares.

Avec un temps de développement long pour un médicament biotechnologique, estimé à une fourchette d’au moins dix à quinze ans avant une arrivée sur le marché, ces entreprises brûlent du cash longtemps avant de pouvoir dégager de potentiels revenus. Ce qui leur impose une vraie mobilisation pour trouver des financements. D’ailleurs, France Biotech estime que les dirigeants de ces entreprises consacrent un tiers de leur temps à chercher des fonds. Et a calculé que pour les 24 prochains mois, les biotechs et medtechs en France auront besoin de dégager 1,5 milliard d’euros de capital. Soit une moyenne de 8 millions par entreprise.

1 700 entreprises, 59% de TPE

Le panorama permet d’esquisser un profil type de ces entreprises. Elles sont un peu plus de 1 700 en France, réparties sur tout le territoire mais concentrées surtout en Île de France, Auvergne-Rhône-Alpes et Occitanie. Parmi elles, on dénombre 720 biotechs et plus de 800 medtechs, le solde étant positionné dans la santé digitale, en forte croissance, ou le diagnostic. 59% sont des TPE, et seulement 5% dépassent les 100 collaborateurs. Elles sont majoritairement jeunes, 44% ayant moins de cinq ans d’existence, 24% entre cinq et neuf ans. Seuls 32% évoluent depuis dix ans et plus.

60% des dépenses en R&D

Pour ces sociétés, la "R&D est clé et représente un effort considérable", souligne Chloé Evans. Et pour cause. Ce poste absorbe 60% de leurs dépenses et mobilise 44% de leurs effectifs. Mais il s’agit de leur vraie richesse. France Biotech note qu’elles ont déposé à ce jour, en France, plus de 5 000 brevets, et qu’elles développent plus de 1000 médicaments au total, dont 400 produits biotechnologiques dont le tiers est déjà entré en développement clinique. "Soit un pipeline plus riche que les cinq principaux laboratoires pharmaceutiques français", décrit encore Chloé Evans.

Primo-dirigeants

Quant aux dirigeants de ces entreprises issues pour plus de la moitié d’instituts publics de recherche et d’université, ce sont à 81% des scientifiques ou des médecins, présentant une moyenne d’âge de 50 ans. 19% sont des femmes, ce qui est légèrement supérieur à la moyenne de tous les secteurs confondus, établie à 15% rapporte France Biotech en citant l’Insee. Autre donnée notable : 59% sont des primo-dirigeants. Ce qui est loin d’être anodin. Car pour ces entrepreneurs au profil souvent académique et pouvant manquer d’expérience en termes de direction et de gestion de la gouvernance, diriger une biotech se transforme souvent en un défi conséquent face au monde des affaires et du financement.

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