Le train n’avait pas encore vu les rails… Et ne les verra jamais. Le projet Midnight Trains, des trains de nuit tout confort reliant Paris aux grandes villes européennes, a cessé, ont annoncé ses trois créateurs samedi 1er juin. La société ferroviaire devait lancer des trains avec chambres privatives afin de desservir de grandes gares européennes situées entre 800 et 1500 kilomètres de la capitale. La première ligne devait rallier Paris-Milan-Venise. La compagnie espérait assurer dans la foulée les liaisons nocturnes Paris-Nice et Paris-Barcelone, avec un début initialement prévu avant la mi-décembre 2024.
Le projet, lancé en 2020 par trois entrepreneurs n’ayant jamais travaillé dans le ferroviaire, n’a pas réussi son second tour de table financier. Celui-ci devait permettre à l’entreprise d’acheter ses deux premières rames afin de lancer sa première liaison. Le cofondateur Adrien Aumont, également à l’origine de la plateforme de financement participatif KissKissBankBank, a annoncé le décalage de la date de lancement des premiers trains. En 2025 d’abord, puis 2026… Avant de se résigner à officialiser l’abandon de son projet.
3,7 millions d’euros manquants à l’opérateur ferroviaire
L’entreprise visait une levée à 5 millions d’euros : elle n’aura finalement atteint que 1,3 million d’euro. «Même sans se payer, il nous était impossible d’aligner des sujets supplémentaires à la spécification de nos trains, le partenariat avec un constructeur, la spécification de nos SI, la trouvaille d’un directeur des opérations et la création d’une communauté», précise l’entrepreneur dans un communiqué.
Le projet avait pourtant charmé les investisseurs à son lancement. Les trois fondateurs parisiens clôturaient un premier tour de table avec le financement d’une quarantaine d’investisseurs providentiels, dont Xavier Niel, le fondateur de l’opérateur de téléphonie Free. La levée de fonds avait permis aux trois fondateurs de définir leur cahier des charges et à sélectionner un constructeur. L’entreprise devait surfer sur un marché des trains de nuit internationaux déserté – et donc faiblement concurrentiel sur le papier : au lancement du projet, ne subsistaient plus que les lignes Paris-Milan-Venise de Thello (filiale de la compagnie publique italienne Trenitalia) et le Paris-Moscou hebdomadaire des chemins de fer russes.

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Le financement de la construction n’a pas abouti. En cause, un marché ferroviaire qui n’est « pas prêt à s’ouvrir à de nouveaux entrants privés », relève Adrien Aumont. L’entrepreneur fustige l’absence de soutien financier des pouvoirs publics, «concentrés sur les énergies et donc dans notre cas sur l’avion propre plus que sur des usages ou l’amélioration de ce qui existe». Il pointe également la concurrence rude des acteurs historiques, qui «ont les armes (le matériel roulant) et les moyens (financement et organismes de garantie publics) pour se déployer».
Cet abandon intervient un mois après la liquidation d’un autre nouvel acteur du ferroviaire. Fin avril, la société coopérative Railcoop, qui devait faire renaître la liaison Bordeaux – Lyon – abandonnée par la SNCF en 2012 -, a été placée en liquidation judiciaire. Il manquait à l’entreprise 3,5 millions d’euros sur les 11 millions d’euros recherchés afin de rénover deux rames et de lancer la ligne avec un aller-retour par jour.



