Mecachrome supprime plus de 300 postes, sacrifie son usine de Vibraye, et ce n’est pas fini

La direction de l'équipementier Mecachrome basé à Amboise (Indre-et-Loire) a entamé le 28 septembre les négociations d'un plan social portant sur 306 suppressions de postes. Il implique la fermeture de l'usine de Vibraye (Sarthe).

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Site Mecachrome d'Amboise
Mecachrome va supprimer 306 postes dans son outil industriel.

Les négociations ont débuté dans la matinée du 28 septembre au sein de l'équipementier aéronautique et automobile Mecachrome, dont le siège est basé à Amboise (Indre-et-Loire), pour examiner un plan de sauvegarde de l'emploi (PSE) : 306 postes sont supprimés sur quatre sites, dont trois usines, sur un total d'environ 950 postes.

Les mesures pour le reste du groupe, c'est à dire les filiales étrangères et la branche moteurs, ne sont pas encore dévoilées.

L'usine de Vibraye condamnée

Dans le détail, l'usine de Vibraye (Sarthe), spécialisée dans les petites séries et le contrôle non destructif, sera fermée. Elle emploie moins de 80 salariés, la moitié d'entre eux se verra proposer un reclassement au sein du groupe.

L'usine historique d'Aubigny-sur-Nère (Cher), dédiée aux petites séries pour les moteurs auto et aéro, est la plus touchée avec 160 suppressions de postes sur 500. L'usine d'Amboise (Indre-et-Loire), qui se consacre aux superstructures et qui abrite le siège social, perdra 108 postes sur 350. Le siège sera transféré à Toulouse (Haute-Garonne) pour se rapprocher d'Airbus, soit une quarantaine de mutations attendues.

Déjà fragilisé par l'arrêt de production du Boeing 737 Max, Mecachrome s'apprêtait à présenter un PSE le 18 mars, avant de le suspendre avec le confinement. "Tout le monde s'attendait à une annonce, mais pas de cette ampleur", réagit Miguel Garcia, représentant la CFTC, qui estime que ce PSE de 306 postes aura un impact sur près de 400 personnes en raison des transferts et mutations. Les syndicats FO et CFTC espèrent négocier un accord de compétitivité pour réduire l'impact de ce PSE.

Ce plan de redressement ne concerne pas encore les usines MK automotive, notamment l'usine de Sablé-sur-Sarthe (Sarthe), qui fournit les aubes du moteur Leap de Safran. Ni les usines des filiales dans le sud-ouest (Toulouse, Pamiers) et à l'étranger (Tunisie, Maroc, Portugal).

Sous-traitant de Boeing, Airbus, Dassault, Safran

Mecachrome fournit des pièces moteur et des pièces de structure à Boeing, Airbus, Dassault, Safran. Pour traverser la crise du secteur, déjà entamée avec l'arrêt de production du Boeing 737 Max, puis la fin de l'A380, Mecachrome a reçu le soutien de ses trois actionnaires au printemps. Le fonds d'investissement ACE Management, filiale de Tikehau, le Fonds de solidarité des travailleurs du Québec et Bpifrance, ont remis 50 millions d'euros en fonds propres. En parallèle, l'entreprise a bouclé un financement de 60 millions d'euros de prêts garantis par l'Etat. Soit un total de 110 millions d'euros.

Ce groupe présidé par un ancien dirigeant d’Airbus Helicopters, Christian Cornille, emploie 3 000 personnes dans 13 usines. Il a réalisé un chiffre d'affaires de 380 millions d'euros en 2019.

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