C’est un flot ininterrompu de frites surgelées qui viennent heurter le métal dans un claquement assourdissant. Sur le site de Béthune (Pas-de-Calais) du roi de la frite McCain, les bâtonnets jaunes arrivent à la fin de leur périple express : direction le conditionnement où six lignes flambant neuves opèrent à toute allure. Un investissement de 17 millions d’euros mis en service en début d’année et présenté pour la première fois à la presse ce 23 juin.
«Ces nouvelles lignes ont permis d’augmenter de 10% les capacités de conditionnement», détaille Antoine Pouchol, le fraîchement nommé directeur de cette usine qui débite 110 000 tonnes de ces (very) French fries. «L’enjeu était surtout de maintenir la cadence sur les plus petits formats et d’avoir une meilleure maîtrise des rations», poursuit-il. L'installation des nouvelles lignes a nécessité une petite extension du site, l’occasion de donner un petit coup de neuf au plus vieux site de McCain en France.
Nouvelles hausses de prix à venir
Le champion canadien de l’agro y a posé ses valises en 1986, sa première emplette sur le sol français, complétée depuis par un site du côté de Harnes (Pas-de-Calais) et une usine géante à Matougues (Marne) construite au début des années 2000. La France abrite ainsi la moitié des sites de production européens du groupe. Une implantation déclinée côté champs. McCain s’appuie sur un réseau de 800 agriculteurs français pour alimenter ses usines. Le site de Béthune reçoit autour de 260 000 tonnes de pommes de terre par an.
Sauf que les mauvaises récoltes et les tensions sur le marché de la patate, dont le prix à la tonne s'est envolé, ont conduit à faire flamber les prix en 2023 sur les différents circuits de distribution de l’industriel (McCain écoule un gros tiers de sa production en France en grande surface, le reste est vendu à la restauration). Si l’entreprise ne communique pas sur l’ampleur des hausses passées, elle indique avoir payé 37% plus cher la pomme de terre contractualisée auprès des producteurs pour la récolte à venir. De quoi augurer de nouvelles hausses de prix, alors que McCain fait partie des 75 grands industriels mobilisés par Bercy pour faire baisser la facture en rayons…



