Chronique

[Matière à penser] Recycler les plastiques complexes en France

Réservé aux abonnés
Skytech recycle les plastiques de l'automobile et des produits électriques et électroniques
Skytech recycle les plastiques de l'automobile et des produits électriques et électroniques

Parents pauvres du recyclage de plastiques, le polystyrène, l’acrylonitrile butadiène styrène (ABS) et le polypropylène issus des déchets électriques et électroniques et des véhicules hors d’usage ont longtemps été exportés en broyats vers la Chine, qui a depuis fermé ses frontières aux déchets solides. Skytech, né d’un projet de recherche entre le collecteur d’équipements en fin de vie APR2 et le CNRS, a installé en 2019 à Bonnières-sur-Seine (Yvelines) une ligne de tri innovante qui sépare les trois résines par triboélectricité, en les chargeant en ions positifs ou négatifs.

« Nous avons compris que la valeur ajoutée, plutôt que dans la revente de déchets triés, se trouve en aval, dans le compoundage », soit la formulation de granulés presque équivalents aux polymères vierges, explique Arthur Rozen, qui a repris la direction fin octobre.

Pour fournir l’emballage de luxe, l’électroménager et les télécoms (et un jour l’automobile), il lui faut monter rapidement en charge. Comptant actuellement 25 salariés pour une capacité de production de 7 000 tonnes (10 000 en 2021), Skytech se prépare à en embaucher 10 à 20 de plus d’ici à février, puis 10 par an en 2022 et 2023 sur deux nouvelles lignes.

Le plan à l’horizon 2030 est d’avoir cinq sites en Europe, dont un second en France dès 2022 pour monter à 35 000 tonnes. Skytech espère réaliser une « bonne proportion de son chiffre d’affaires » en Chine, au vu du déficit d’ABS, « et encore plus de recyclé », précise Arthur Rozen.

Newsletter La Quotidienne
Nos journalistes sélectionnent pour vous les articles essentiels de votre secteur.