Le 19 novembre 2021, le chimiste de spécialités Arkema a officialisé l’ouverture d’un laboratoire d’excellence dédié aux batteries pour la mobilité propre au sein du Centre de recherche Rhône-Alpes (CRRA) du groupe, à Pierre-Bénite (Rhône). Dénommé Centre d’excellence Batteries Christian Collette - en hommage au directeur de recherche du groupe disparu en avril dernier -, ce bâtiment va permettre à Arkema de favoriser le développement de matériaux et de procédés avancés pour la production de futures générations de batteries, plus performantes, plus sûres et plus compactes. Pour ce faire, le centre est équipé de matériels de pointe pour la conception et l’analyse, ainsi que d’une salle sèche et d’une ligne de revêtement d’électrodes. En outre, le Centre d’excellence Batteries Christian Collette bénéficiera de l’expertise scientifique et technique des chercheurs présents sur le site de recherche de Pierre-Bénite. Il accueillera non seulement les recherches internes au groupe mais également celles menées en collaboration avec les partenaires académiques (CNRS, CPE Lyon, Lepmi de Grenoble et ENSCM de Montpellier) et industriels (start-up, fabricants de batteries, gigafactories).
Mobilisant une vingtaine de chercheurs, ce centre est adossé à une ligne pilote - déjà opérationnelle - de production d’électrolytes, tels que le sel de lithium LiFSI. Ayant nécessité douze mois de travaux, cette installation devrait permettre le déploiement d’une unité industrielle de production de sels d’électrolytes à l’horizon 2025. Elle va également servir à produire des échantillons d’électrolytes afin de répondre aux besoins des partenaires. « Il ne faut pas seulement effectuer de la R&D, il faut la concrétiser au travers d’investissements industriels. C’est pour cela que nous allons accroître nos capacités de production pour répondre à l’essor du marché des matériaux pour batteries lithium-ion », indique Thierry Le Hénaff, président-directeur général d’Arkema.
Un renforcement capacitaire de 50 % en PVDF
C’est ainsi qu’Arkema a annoncé un projet d’extension de 50 % de la production de ses polymères fluorés PVDF destinés aux applications de batteries sur son site de Pierre-Bénite. Commercialisés sous la marque Kynar, ces matériaux servent de revêtements pour les séparateurs ou en tant que liants à la cathode. Les capacités supplémentaires devraient être mises en service d’ici au premier trimestre 2023. L’investissement pour ce projet a été en partie financé par l’État dans le cadre du plan France Relance. Entre le Centre d’excellence Batteries Christian Collette, l’atelier pilote de production préindustrielle d’électrolytes et le renforcement capacitaire en PVDF, c'est une somme d’environ 50 millions d’euros qui est injectée à Pierre-Bénite. Outre sur son site rhodanien, Arkema produit son PVDF Kynar sur son usine américaine de Calvert City, dans le Kentucky, ainsi que sur son implantation chinoise de Changshu.
Au-delà du PVDF et des sels d’électrolytes, le chimiste de spécialités fabrique également des adhésifs intelligents pour le collage cellule à cellule, ainsi que des matériaux d’enveloppe de la batterie (composites thermoplastiques Elium et polyamide 11 biosourcé Rilsan). Un positionnement sur la fourniture de solutions pour batteries qui lui permet d’être ambitieux pour les années à venir. Le groupe français voudrait porter son chiffre d’affaires relatif aux batteries à un milliard d’euros d’ici à 2030, alors que ses ventes s’élevaient à un peu moins de 100 M€ en 2019. « Nous ciblons non seulement la mobilité propre, mais aussi l’électronique grand public et le stockage d’énergie en stationnaire », indique Thierry Le Hénaff.



