Alors qu'il n'a pas encore totalement repris son activité, le groupe Avril pense déjà à l'avenir. Dans une intervention auprès de l'Association des journalistes de l'agriculture, Jean Philippe Puig, le directeur général du groupe aux 5,8 milliards d'euros de chiffre d'affaires, a confirmé les ambitions de son groupe dans le secteur de la protéine végétale, et notamment pour l'alimentation humaine. "Cette protéine a des vertus - en termes de profil nutritionnel mais également d'incorporation dans les autres aliments - supérieures à la protéine de soja. Nous croyons fortement à son développement", a expliqué le responsable.
Nouveau site de production à Dieppe
Le groupe entend notamment confirmer l'installation d'une usine à Dieppe (Seine-Maritime), en partenariat avec le leader des aliments DSM, au cours du mois de juillet. "Ce site utilisera une méthode d'extraction de colza pour l'alimentation humaine", détaille Jean Phillipe Puig.
D'une capacité maximale de 6 000 à 7 000 tonnes, la future installation est considérée comme un "pilote"."La nouvelle usine va nous permettre d'améliorer la qualité de la graine en collaboration avec les agriculteurs et de perfectionner la technique d'extraction", ajoute le dirigeant.

- 1102.98+6.11
Mars 2026
Huile de palme - Malaisie$ USD/tonne
- 472.5+2.86
Mars 2026
Graines de soja - Etats-Unis$ USD/tonne
- 658.25+5.07
Mars 2026
Phosphate diammonique (DAP)$ USD/tonne
Croissance externe envisagée
En parallèle, le groupe n'exclut par des opérations de croissance externe sur ce segment au cours de l'année 2020.
Il y a quelques semaines, Avril a d'ailleurs pris une participation minoritaire dans l'entreprise autrichienne Vegini, spécialiste des snacks à base de pois. "Après une crise comme celle que nous vivons, nous savons qu'il y aura une période de six à dix-huit mois avec d'intenses mouvements de fusions et d'acquisitions. Comme tous les acteurs, nous restons à l'écoute des nouvelles opportunités", détaille Jean Philippe Puig, sans vouloir donner plus d'éléments.
La filière biocarburant a l'arrêt
Cette annonce intervient alors que l'activité biocarburants du groupe est toujours partiellement à l'arrêt. "C'est le secteur où nous avons les plus lourdes conséquences économiques", précise Jean Philippe Puig. Au cours de la période, le cours du pétrole a chuté entraînant avec lui les tarifs des biocarburants. "Cela pose la question de la rentabilité", s'interroge-t-on chez Avril.
Par ailleurs, la baisse de la consommation a engendré des problèmes de stocks. "Les prix de vente ne couvrent pas les frais variables, explique le dirigeant. Nous sommes désormais dans l'expectative pour savoir comment l'économie va repartir, mais l'impact sera substantiel."
En attendant, Avril ne prévoit pas de plan social. "Outre la filière oeufs dont nous avons annoncé la restructuration avant le confinement, aucun autre plan de départ n'est prévu. Nous allons toutefois être plus exigeants quant aux embauches que nous avions prévu de faire", conclut Jean-Philippe Puig.



