[Made in France] Novartis investit 50 millions d’euros supplémentaires pour produire des thérapies géniques et cellulaires aux Ulis

Un an après la reprise du site de thérapies géniques CellForCure du LFB aux Ulis (Essonne), Novartis poursuit le développement de cette usine de bioproduction unique en France. Un plan de développement de 50 millions d’euros est engagé tandis que les productions commerciales ont démarré en août dernier et que les effectifs ont presque triplé.

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En Europe, Novartis produit aussi des celllules car-T sur son site de bioproduction de Stein, en Suisse.

En avril 2019, Novartis reprenait CellForCure auprès du Laboratoire français du Fractionnement et des Biotechnologies (LFB). Un an et demi plus tard, ce site de bioproduction implanté aux Ulis (Essonne) bénéficie de toute l’attention du laboratoire suisse qui le destine à en faire un site d’excellence en Europe pour les thérapies géniques et les thérapies cellulaires, des technologies thérapeutiques révolutionnaires qui démontrent de plus en plus la possibilité de vaincre des maladies rares et graves, comme des cancers.

Depuis sa prise de contrôle du site francilien, Novartis a porté les effectifs de 130 salariés à 290, avec un objectif de quasiment tripler le nombre initial de collaborateurs à court terme. Et en parallèle, le site bénéficie d’investissements. 50 millions d’euros ont ainsi été engagés jusqu’à l’été 2021 pour renforcer les capacités de production.

Guérir en une seule injection

Client de CellForCure au départ, Novartis est donc devenu maître d’œuvre et y poursuit les premières productions qu’il y avait engagées en les sous-traitant au LFB : les cellules Car-T. Fabriquées à partir des lymphocytes T d’un patient, elles sont ensuite modifiées génétiquement et réinjectées au patient, permettant une reconnaissance ciblée des cellules cancéreuses et leur destruction. Schématiquement, la technique consiste à transformer en médicament le propre matériel immunitaire du patient. Novartis utilise aujourd’hui cette technologie en onco-hématologie, comme les cancers du sang avec des indications dans certaines leucémies et lymphomes, et la développe aussi en ophtalmologie et neurologie. Avec l’objectif non pas de traiter mais de guérir, et ce en une seule injection.

Médicament sur-mesure en 22 jours

Marie Urtiaga, la directrice de cette usine qui est la seule de cellules Car-T en France, décrit une "production de laboratoire plutôt qu’une échelle industrielle. Nous recevons des cellules et nous renvoyons le médicament sur-mesure en 22 jours, avec 10 jours consacrés au traitement des cellules et 12 jours au contrôle qualité". Elle évoque des plannings et une chaîne logistique, notamment de froid pour la conservation, très stricts. 19 centres hospitaliers dans toute la France - chiffre qui passera à 25 dans les prochains mois - sont reliés au site désormais et habilités à faire et expédier les prélèvements sanguins des malades, souffrant tous de formes graves et ne répondant pas aux traitements par chimiothérapie ni radiothérapie, puis à réinjecter les cellules.

Succès de 90% des productions

Chaque médicament est produit à partir des prélèvements d’un seul patient, et donc entièrement fabriqué à l’unité sur ce site de 2 200 m2 composé de 6 lignes de production indépendantes. Marie Urtiaga précise "un succès de 90% des productions". Les échecs sont principalement liés à des "problèmes de qualité du matériel génétique reçu, comme des lymphocytes T fatigués ou pas assez nombreux dans le prélèvement", ou à un "problème pendant le procédé de production", qui requiert une précision et des conditions extrêmes de sécurité et de stérilité.

Taux de succès de 40% chez les patients

Pour le moment, ce traitement a obtenu un taux de succès de 40% chez les patients traités, 60% ne répondant pas. Mais quand il y a une réponse au traitement, cela peut s’avérer spectaculaire. Catherine Thieblemont, cheffe du service d’hématologie-oncologie de l’hôpital Saint-Louis à Paris prend l’exemple d’un patient diagnostiqué en juillet 2018, qui n’avait pas répondu à la chimiothérapie, et pour lequel le traitement "a obtenu une réponse complète. Il a reçu l’injection le 21 décembre 2018 et aujourd’hui ce patient affiche une rémission complète. Sans traitement il serait décédé".

Objectif de 600 patients par an

En 2018, l’usine a pu traiter une vingtaine de patients, chiffre porté à 100 en 2019 mais retombé à environ 80 cette année en raison de la crise sanitaire. Après les lots produits en phase de développement clinique, le site a démarré ses productions commerciales en août 2020. Actuellement, il peut produire pour environ un patient tous les deux jours. L’objectif est d’atteindre un par jour à partir de février, puis deux par jour à la fin de l’été 2021. Novartis prévoit des capacités maximales de 600 lots par an, destinés aux patients en France et en Europe.

Actuellement, Novartis dispose de trois sites en propre dans le monde pour la production de ses cellules car-T. En Europe, le laboratoire détient cette usine des Ulis et un site à Stein, en Suisse. Le réseau est complété par son centre américain de Morris Plains, dans le New Jersey, en Amérique du Nord. Le groupe s’appuie également sur des sous-traitants à Leipzig, en Allemagne, et à Kobe, au Japon. Il prévoit aussi deux autres accords de sous-traitance en Chine et en Australie.

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