Depuis juillet, le vaste site de vaccins de GlaxoSmithKline (GSK) à Saint-Amand-Les-Eaux (Nord) est en effervescence. Le laboratoire britannique se met en ordre de marche pour la montée en cadence de production de son adjuvant pandémique dans le cadre de ses collaborations avec des producteurs et développeurs de vaccins contre le Covid-19.
Le renfort des équipes et le passage à une production 24 heures sur 24, sans ajout de ligne supplémentaire, a entraîné la mise en place d’un grand plan de renforcement des effectifs. GSK prévoit d’ajouter 100 postes d’opérateurs et techniciens de production, de maintenance et de qualité sur ce site qui dénombre déjà plus de 900 salariés. Actuellement 40 recrutements ont déjà été engagés sur les 100 prévus.
Adjuvant pandémique
Face à la pandémie et aux besoins de vaccins, GSK a misé sur l’emploi d’un adjuvant, un produit qui permet d’augmenter la réponse immunitaire du corps et de minimiser la dose d’antigène requise dans le vaccin. GSK s’appuie sur son adjuvant pandémique qui avait déjà été utilisé pour le vaccin contre le virus grippal H1N1. Face au SARS-CoV-2, le laboratoire a noué trois collaborations, avec le Canadien Medicago, le Chinois Clover Pharmaceuticals, et le leader pharmaceutique français Sanofi.
Le très attendu vaccin avec Sanofi
Ces trois programmes sont actuellement en phase de développement clinique. Le vaccin développé par Sanofi en collaboration avec GSK, espéré pour une mise sur le marché à la fin du premier semestre 2021, est l’un des plus attendus dans le monde, avec des pré-commandes d’envergure, notamment dans l’Union européenne (300 millions de doses), aux Etats-Unis (100 millions), au Canada (72 millions) et au Royaume-Uni (60 millions). Les deux laboratoires ont aussi promis de fournir 200 millions de doses au programme Covax de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) pour assurer l’accès au vaccin à des pays disposant de moins de moyens.
1 milliard de doses d'adjuvant
Au total, GSK s’est engagé à produire 1 milliard de doses de son adjuvant en 2021 dans le monde. Le groupe met à contribution son site de Saint-Amand-Les-Eaux mais également sa plus grande usine au monde de vaccins à Wavre, en Belgique, ainsi que des usines au Canada et aux Etats-Unis. Pour l’heure, la priorité est donnée à la production de l’adjuvant. Les modalités liées au conditionnement selon les différentes collaborations ne sont pas encore actées. Sur ces sujets, "nous attendons de la visibilité", précise un porte-parole de GSK.
Dans chacune des collaborations, les producteurs de vaccins "produisent l’antigène et GSK produit l’adjuvant, dans des flacons séparés. Le mélange s’effectue au moment de l’administration du vaccin, par une personne habilitée, comme un médecin, une infirmière ou pharmacien", précise le porte-parole.
Plus de 600 millions d'euros investis en France
L’usine de Saint-Amand-Les-Eaux fait partie du réseau de GSK pour ses vaccins et adjuvants, composé de 13 sites sur la planète. Mis en service en 2011, avec des investissements de plus de 600 millions d’euros entre 2006 et 2013, le site est dédié à la production secondaire de vaccins.
En Europe, GSK produit les antigènes en Belgique (production primaire), et le site français produit et conditionne les vaccins et les adjuvants. Ici sont fabriqués des vaccins pédiatriques (tétanos, diphtérie, coqueluche, polyomélite, rougeole, oreillons, rubéole), des vaccins contre les hépatiques A et B, la grippe saisonnière ou encore contre les infections à papillomavirus humain. L’usine dispose de capacités installées de 300 millions de doses par an. En 2019, les productions avaient atteint 140 millions d’unités, exportées pour 95% dans plus de 125 pays.



