Diam Bouchage va investir 3,5 millions d’euros dans de nouveaux équipements pour augmenter, dès 2022, la capacité de production de bouchon en liège technologique dans son usine de Céret dans les Pyrénées-Orientales, où se trouve également le siège social. Une mouleuse double (1,5 million d’euros) remplacera une mouleuse simple et permettra d’augmenter de 100 millions par an la production de bouchons de vins tranquilles.
"Cela devrait être opérationnel à la mi-2022. Nous atteindrons alors 900 millions de bouchons sur Céret", précise Dominique Tourneix, le directeur général de Diam Bouchage. La croissance de la production s’accompagnera, pour 1,5 million d’euros, de la création de 4 silos de stockage et d’une installation de déchargement de grain traité. Le programme comprend aussi deux marqueuses laser pour 250 000 euros, et une ligne de finition des bouchons pour 250 000 euros sera installée dans l’usine, qui tourne en 5-8 sept jours sur sept.
Pour ce programme, Diam Bouchage a obtenu 300 000 euros de France relance, ce qui a amené le préfet des Pyrénées-Orientales, Étienne Stoskopf, à visiter l’usine lundi 30 août, en compagnie du sous-préfet de Céret Jean-Marc Bassaget et de Thibaut Félix, sous-préfet à la relance. "L’aide de l’Etat nous permet d’accélérer, commente Dominique Tourneix. Dans une étape ultérieure, des investissements capacitaires de stockage, d’amélioration des flux, de flexibilité, vont accompagner l’augmentation de la production, mais ils ne sont pas encore chiffrés".
Ventes dans 80 pays
Filiale du groupe coté Oeneo, Diam Bouchage commercialise plus de 2,3 milliards de bouchons par an pour vins tranquilles, effervescents et spiritueux et emploie 575 salariés, dont 215 en France à Céret. "130 à 140 personnes sont dans l’activité productive, précise le directeur général. Nous recrutons 8 à 15 personnes chaque année à Céret. Avec l’intérim, nous faisons vivre 300 familles". Diam Bouchage possède deux autres usines dans les régions productrices de liège à San Vicente de Alcántara (capacité de 1,5 milliard de bouchons) en Espagne et à Porto (500-600 millions de bouchones) et a des centres de finition proches des régions viticoles.
Le chiffre d’affaires a atteint 186 millions d’euros en 2020-2021 (exercice clos fin mars), dont 80% à l’export. "Nous vendons aujourd’hui dans 80 pays au lieu de 65 en 2015, souligne Dominique Tourneix. Sur un marché stable, nous gagnons des parts de marché. Nous sommes confiants avec une solution fiable et à la mode, assure-t-il. Et de souligner: "Sur un produit d’apparence anodin, il y a beaucoup de savoir-faire technologique et nos clients ont le choix entre des formulations différentes".
Acheteur de 35 000 tonnes de liège par an, Diam Bouchage soutient la filière française (Roussillon, Var, Corse) en finançant la plantation de milliers de chênes lièges et collabore avec l’entreprise de travaux forestiers Serpe ainsi que l’Institut méditerranéen du liège sur la levée mécanisée du liège via l’outil Coveless. Ce dispositif consiste en un capteur qui mesure l’épaisseur de la couche mère du liège pour régler la profondeur de la tronçonneuse. "Mais les cycles sont longs, et il faut des fonds importants pour préparer les forêts", relève Dominique Tourneix. Dans les approvisionnements de Diam Bouchage, la filière française ne représente que 2%, l’Algérie et l’Italie 20 %, la grande majorité provient d’Espagne et Portugal.



