[Made in France] Comment Toyota Onnaing veut parvenir à tourner à 90% de sa capacité

L’usine de Toyota à Onnaing (Nord) a repris progressivement son activité depuis le 21 avril. Les mesures sanitaires et l’adaptation des horaires de travail ont permis au site de monter rapidement en cadence.

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Toyota Onnaing production Yaris Covid masques
Toyota Onnaing fournit deux masques par jour à ses salariés et a mis en place des séparateurs pour limiter les contacts entre les opérateurs.

Depuis le 23 avril, les célèbres Yaris ont recommencé à sortir des lignes de production de l’usine de Toyota à Onnaing, non loin de Valenciennes (Nord). Pendant le mois d’interruption qu’a connu le site (du 17 mars au 21 avril), un plan de reprise a été mis en place pour "assurer des conditions sanitaires permettant à nos salariés de travailler en toute sécurité", résume Eric Moyère, directeur de la communication de l’usine. Au programme :

deux masques chirurgicaux par jour pour les 4 500 employés de l’usine, mais aussi des visières produites localement grâce à des imprimantes 3D pour les activités les plus exposées, ou encore l’installation de 400 séparateurs en plexiglas sur la ligne d’habillage des portes, un poste où les salariés se font habituellement face à face.

Mais pas seulement. "Depuis le 11 mai, nous avons redémarré nos trois équipes, une le matin, une autre l’après-midi et la troisième travaillant de nuit. Pour cela, nous avons aménagé les horaires avec des pauses plus nombreuses et plus longues. Surtout, nous avons mis en place une heure d’intervalle entre chaque changement d’équipement, afin d’éviter les flux de personnes trop importants", met en avant Eric Moyère. Bilan : l’usine produit en moyenne 800 voitures par jour, contre 1 100 avant le confinement. Un niveau qui doit augmenter dès la semaine prochaine, puisque l’intervalle devrait être réduit à 45 minutes. "L’idée est d’atteindre les mille véhicules produits par jour, soit 90% de notre capacité", prévoit le directeur de la communication.

Production de masques lavables

Si l’usine ne devrait pas encore connaître un retour à la normale, c’est également parce qu'une partie de l'effectif n'est pas encore en mesure de reprendre son poste. "Certains salariés souffrant de pathologies lourdes ne peuvent pas encore réintégrer leur poste, tandis que d’autres sont confrontés à la problématique de la garde d’enfants", explique Eric Moyère. A Onnaing, l’absentéisme est de 12 à 15% actuellement, contre 5% en temps normal. Mais la réouverture progressive des établissements scolaires dans la région apporte une réponse. De quoi permettre à l’usine de terminer la production des 35 000 dernières Yaris de la génération actuelle, avant l’arrivée de la quatrième version de la citadine, dont l’assemblage devrait débuter en juillet, pour un lancement commercial prévu en septembre.

"Nous allons avoir très vite de forts besoins en recrutement et en formation", estime Eric Moyère. A plus long terme, Onnaing doit également se préparer à l’arrivée du second véhicule, annoncé pour la mi-2021. Car la crise du coronavirus "ne remet aucunement en cause le lancement de ce deuxième modèle", balaye le responsable de la communication de l’usine française du constructeur japonais. Malgré la crise, Toyota Onnaing espère en effet accueillir un nouveau SUV de segment B, qui devrait faire passer les capacités de production françaises à 300 000 unités par an. Du jamais-vu pour le site, qui produit en moyenne 270 000 voitures chaque année, et a assemblé 219 000 Toyota Yaris de l’ancienne génération en 2019.

Mais avant, Onnaing continue de répondre aux besoins en équipements spécial Covid-19. "Grâce aux imprimantes 3D supplémentaires dont nous nous sommes équipés au début de la crise, nous produisons des visières pour notre personnel et répondons aussi à des commandes pour le personnel administratif ou les forces de l’ordre", raconte Eric Moyère. L’usine nordiste est également engagée dans le projet de confection de masques réutilisables "Résilience". Et ce, grâce à une équipe de 60 salariés. "Ces personnes étaient sur le point de nous rejoindre pour assurer la production de la Yaris. Pour l’heure, elles contribuent à ce projet de masques lavables, avant de réintégrer bientôt notre centre de formation pour apprendre leur futur poste", détaille le porte-parole. 

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