LyondellBasell régénère les terrains de son ex-raffinerie de Berre-l’Etang

En vendant 20 hectares à Baytree et Gemfi qui vont investir 90 millions d’euros dans des entrepôts logistiques dernière génération, LyondellBasell boucle ses engagements en matière d'emplois pour la reconversion du site de Berre-l'Etang (Bouches-du-Rhône). Mais ne s’arrête pas à ces projets.

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Etang de Berre
LyondellBasell prévoit pour 2022 un grand arrêt dédié à l’amélioration de la fiabilité et de la performance opérationnelle et environnementale du site de Berre-l'Etang (Bouches-du-Rhône).

LyondellBasell a tenu son engagement acté en 2015 avec l’Etat : sa convention de revitalisation après la fermeture de son unité de raffinage impliquait qu’il contribue à la création "d’au moins 100 emplois locaux" à Berre-l’Etang (Bouches-du-Rhône). Les deux projets retenus, portés par Baytree Logistics Properties et Gemfi (Gicram groupe) pour un investissement cumulé de 90 millions d’euros, pourraient en générer 250 à 350 sur les terrains prévus, en cours de réaménagement.

Filiale d’Axa Investments Managers-Real Assets, Baytree développe des bâtiments logistiques et industriels en Europe. Il déposera dans les deux mois un permis de construire pour édifier sur 15 hectares un bâtiment de 62 500 m² pour des activités logistiques à déterminer.

"Ce site remarquablement situé et desservi permet d’irriguer un large bassin régional. Nous ne sommes pas attachés à traiter avec un seul repreneur, même si c’est plus pratique. Toutes les possibilités restent ouvertes pour des clients potentiels de la grande distribution. Nous espérons démarrer les travaux en 2022", explique Philippe Rougé, le responsable France de Baytree dont c’est le premier projet en Provence-Alpes-Côte d’Azur. "D’autres sont à venir", glisse le dirigeant qui promet un entrepôt labellisé "Breeam Very good" pour un investissement de l’ordre de 50 millions d’euros.

Gemfi n’en est pas, lui, à son coup d’essai en Provence. Concepteur, constructeur et promoteur d’immobilier d’entreprise, il a participé à l’essor de la zone logistique de Saint-Martin-de-Crau dans les Bouches-du-Rhône (Maisons du Monde, Castorama) et réalise actuellement un site de distribution urbaine de 5 400 m² sur la commune voisine de Vitrolles avec Segro. Son bâtiment de 45 000 m², lui aussi en "Breeam Very Good", se déploiera sur 15 hectares, à cheval sur les terrains de LyondellBasell à Berre et sur ceux de l’ex-usine Cabot à Rognac, en friche depuis près de dix ans. Le permis de construire sera bientôt déposé.

"Nous savons que nous trouverons preneurs dans la distribution généraliste ou spécialisée, avec une activité éventuellement conjointe en e-commerce car l’offre manque sur le territoire, assure Laurent Horbette, directeur général de Gemfi. Nous espérons livrer dans deux ans. Tout compris, l’opération représente un investissement de 40millions d’euros. Ce projet qualitatif participera à la revalorisation de l’environnement urbain et paysager."

Trouver des synergies d’utilités

En vendant ces 20 hectares, le directeur du site pétrochimique de Berre, Jérôme Mauvigney, ne s’est néanmoins pas dépourvu puisqu’il reste 50 hectares accessibles, selon la convention de revitalisation. "Nous voudrions y installer des industriels intéressés par des synergies d’utilités avec des unités existantes. Les projets logistiques ne constituent qu’une première phase. Revitaliser cette zone va créer des opportunités", assure-t-il.

Pour l’heure, plusieurs chantiers restent à mener pour rendre le foncier accessible à l’horizon 2022-2023 : aplanissement d’ici fin 2021, déplacements de réseaux, transfert d’une unité de production d’huiles, démontage de cheminées… Jérôme Mauvigney prévoit pour 2022 un grand arrêt, ciblé sur l’amélioration de la fiabilité et de la performance opérationnelle et environnementale du site. L’investissement est estimé à 150 millions d’euros pour un chantier de six mois. LyondellBasell veut prendre en compte les revendications des élus locaux et des riverains, exaspérés par les nombreux torchages (opérations consistant à brûler à la torche un gaz combustible excédentaire associé au pétrole) imprévus de 2020.

Au-delà de cet arrêt, le directeur étudie l’opportunité d’accroître l’autonomie énergétique du site par l’implantation d’une production photovoltaïque ou d’hydrogène, afin de réduire de 30 % les émissions de CO2 pour respecter les réglementations applicables en 2030 aux rejets dans l’atmosphère. "Nous sommes très sollicités, admet Jérôme Mauvigney. Nous analyserons et évaluerons les meilleures solutions technologiques et financières qui pourraient être mises en œuvre lors du grand arrêt suivant en 2028."

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