Article réactualisé le 22 mai 2024 : Seul le site de Berre serait finalement concerné par cette revue stratégique.
Un nouveau coup de tonnerre pourrait-il s’abattre sur la pétrochimie en France ? Après ExxonMobil, qui a récemment annoncé la fermeture de son vapocraqueur de Notre-Dame-de-Gravenchon (Seine-Maritime), c’est au tour de LyondellBasell de s’interroger sur l’avenir de ses activités dans les oléfines, polyoléfines, intermédiaires et dérivés en Europe. Sur les deux sites français, situés dans les Bouches-du-Rhône, un seul serait concerné par cette réflexion. Il s’agit de la plateforme de Berre, avec son vapocraqueur de 470 kt d’éthylène par an et ses unités de production de polyoléfines employant plus d’un millier de collaborateurs. Le site de Fos Caban, qui produit de l’oxyde de propylène (PO), de l’alcool tert-butyl (TBA), des propylènes glycols et du méthyl/éthyl tert-butyl éther (MTBE/ETBE) serait donc épargné, selon des sources internes du groupe.
À ce stade, toutes les options restent ouvertes, y compris la pérennité de l'installation de Berre au sein de LyondellBasell ou d’un autre groupe, car le pétrochimiste américain n’en est qu’au stade de la revue stratégique. Il doit examiner ses actifs par le prisme de sa stratégie visant à construire une entreprise rentable de solutions circulaires et bas carbone, et à améliorer sa performance et sa culture d'entreprise. Mais les difficultés de la pétrochimie en Europe en termes de compétitivité, mises en avant par la Déclaration d’Anvers, sont bien connues. L'inquiétude est suffisamment palpable pour que le communiqué ajoute : « Nous comprenons que les évaluations stratégiques peuvent créer de l'incertitude pour nos employés et nos clients, mais nous nous engageons à exploiter nos actifs de manière sûre et fiable, tout au long de ce processus. »
Les activités de recyclage épargnées en Allemagne
Outre la France, LyondellBasell possède des bases industrielles dans de nombreux autres pays en Europe, dont l’Allemagne, l’Italie, les Pays-Bas, l’Espagne et le Royaume-Uni. Parmi ceux-ci, seule l’Allemagne semble ménagée, grâce à son implication dans le domaine du recyclage. « Les investissements de l'entreprise dans une usine MoReTec à l'échelle commerciale, une technologie propriétaire de LyondellBasell pour convertir les déchets plastiques en matières premières liquides par pyrolyse, et le développement d'un hub de circularité de Wesseling/Knapsack dans la région de Cologne, en Allemagne, se poursuivront comme prévu », a souligné le groupe dans ce même communiqué.

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Cette revue stratégique s’inscrit en droite ligne des annonces faites lors du Capital Markets Day 2023, a déclaré Peter Vanacker, directeur général de LyondellBasell. « Nous avions exprimé notre intention de concentrer notre portefeuille sur des activités bénéficiant d'un avantage concurrentiel durable et de réinvestir dans ces domaines avantageux pour générer des rendements supérieurs à grande échelle », a-t-il expliqué. « Ces critères n'ont pas changé. »
Ineos à contre-courant
Si les américains ExxonMobil et LyondellBasell font le choix de faire machine arrière dans la pétrochimie en France, le Britannique Ineos poursuit une stratégie inverse. En avril dernier, il est devenu le seul maître à bord sur la plateforme de Lavéra, également dans les Bouches-du-Rhône, avec la reprise d’actifs de TotalEnergies.



