LVMH, PSA, Saint-Gobain... Comment les industriels français réagissent à la crise du coronavirus en Chine

[ACTUALISÉ] Le bilan du coronavirus est monté à 170 morts le 30 janvier. Apparue en Chine, l'épidémie fait craindre aux entreprises un impact économique. De nombreux industriels français sont installés à Wuhan, là où a démarré la crise.

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Renault Wuhan
L'usine Renault de Wuhan (Chine) a ouvert en 2016.

Près de 7 700 personnes contaminées et 170 morts. Jeudi 30 janvier, le bilan du coronavirus continue de grimper à travers le monde et particulièrement en Chine où est apparu le virus. L’épicentre de l’épidémie serait situé dans un marché de fruits de mer de Wuhan. Située dans le centre du pays, cette ville de 11 millions d’habitants représente un véritable bastion industriel, y compris pour les grands groupes français.

“La mortalité est beaucoup moins importante que ce que l’on craignait”

La propagation rapide de la maladie fait redouter une crise sanitaire, semblable à celle du SRAS en 2003 qui avait provoqué la mort de 800 personnes. Dimanche 26 janvier, la ministre française de la Santé s’est montrée rassurante. “Plus les Chinois communiquent sur le nombre de cas, plus nous réalisons qu’en fait la mortalité est beaucoup moins importante que ce que l’on craignait en début de semaine”, a estimé Agnès Buzyn au Grand Jury RTL-Le Figaro-LCI. “Par contre la contagiosité a l’air d’augmenter”, a-t-elle ajouté.

Comment se déroule le rapatriement des Français installés à Wuhan tandis que la ville est toujours placée en quarantaine ? Environ 500 ressortissants seraient concernés. S’ils le souhaitent, ils pourront être ramenés “par voie aérienne directe vers la France” dès cette semaine du 27 janvier, a indiqué la ministre de la Santé selon Le Parisien.

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Wuhan, l’équivalent de Detroit pour la Chine

Outre la crise sanitaire, les entreprises redoutent l’impact d’une épidémie durable sur l’activité économique. Beaucoup d’entreprises françaises sont fortement exposées au marché chinois. Notamment chez les groupes du luxe comme Kering, L’Oréal ou LVMH. La marque Louis Vuitton réaliserait environ un tiers de ses ventes dans le pays.

Près de 100 entreprises françaises sont également installées à Wuhan, dont 40 % dans le secteur automobile. Une concentration de constructeurs et d’équipementiers qui a valu à la ville le surnom de “Detroit chinoise”. On y retrouve Faurecia, Plastic Omnium, PSA, Renault et Valeo. PSA a d’ailleurs annoncé le rapatriement de plusieurs salariés français le 25 janvier à cause du coronavirus.

Il est encore difficile d'estimer l’impact du coronavirus sur l’économie. Mais de nombreuses usines ont déjà été ralenties ou fermées pour les congés annuels du Nouvel An chinois. Si la crise perdure, les constructeurs ont de quoi s’inquiéter. La Chine constitue le premier marché mondial pour l’automobile et les deux constructeurs français - PSA et Renault - souffrent déjà de ventes médiocres dans cette région stratégique.

Outre les entreprises du secteur automobile, plusieurs industriels français sont installés à Wuhan. L'Usine Nouvelle a listé ci-dessous les principaux sites de la ville et les mesures annoncées par les entreprises pour répondre à la crise du coronavirus.

Quelles entreprises françaises sont installées à Wuhan ?

Delachaux : Une usine de 200 employés pour la production d’infrastructures du rail et de systèmes de gestion d’énergie et des données.

LVMH : Une boutique. Alors qu'il réalise un tiers de ses ventes en Asie, le groupe de luxe a réagi à la crise du coronavirus à l'occasion de la présentation de ses résultats 2019. "Pas de panique, analysons la situation froidement", a suggéré le PDG du groupe. "Si cela se résorbe d'ici à deux mois, cela n'aura pas trop d'impact. Si cela devait durer deux ans, ce sera plus compliqué", a ajouté Bernard Arnault. "Quand on pose la question à nos équipes en Chine, elles me répondent qu'il est trop tôt pour avoir une évaluation de la situation. Mais elles me font plusieurs remarques : ce virus est moins agressif que celui du SRAS. Deuxièmement, le gouvernement chinois réagit de manière efficace donc on peut se dire que leur réaction va avoir des conséquences nettes sur la lutte contre cette épidémie. Troisièmement, ils disent qu'on a l'impression que le pic de cette épidémie devrait être atteint dans les semaines à venir et qu'elle va se résorber courant mars", a rapporté le dirigeant tout en restant prudent sur ces prévisions.

Faurecia : Une usine de systèmes d’échappement.

Plastic Omnium : Deux usines et un centre de recherche et développement sur “les systèmes à carburant et réservoirs pour automobiles, notamment dans la perspective du développement des véhicules à hydrogène”.

PSA : Trois usines à Wuhan pour 2000 employés et une capacité de production de 750 000 unités par an, avec son partenaire chinois Dongfeng. Mercredi 29 janvier, l'entreprise a indiqué que 38 personnes expatriées, familles comprises, devaient rentrer en France "dans le cadre du rapatriement organisé par le consulat de France". "Six autres salariés français sous statut local seront également rapatriés en France", a-t-elle précisé. "La reprise de la production, qui était prévue lundi 3 février, après les vacances, est suspendue à une autorisation des autorités chinoises", a ajouté le porte-parole.

Renault : Un site comprenant une usine de production, une usine mécanique et un centre de R&D. Comme PSA, Renault est associé à Dongfeng à Wuhan. Les trois sites regroupent 2 000 employés, dont moins de 50 expatriés. Une porte-parole de l'entreprise a précisé à L'Usine Nouvelle qu'une grande partie de ces expatriés se trouvent déjà hors de Wuhan en raison des congés du nouvel an. Dans ce cadre, l'usine de production est également fermée jusqu'au 10 février. "Renault suit de près la situation et applique strictement toutes les mesures décidées par les autorités locales et l’OMS", ajoute le constructeur automobile.

Saint-Gobain : Deux sites de production dont une usine Sekurit dédiée au verre automobile et une usine Weber spécialisée dans les mortiers. Une porte-parole de l'entreprise a précisé à L'Usine Nouvelle que Saint-Gobain ne comptait pas d'expatriés dans ces deux sites. Le groupe a en revanche mis en place plusieurs mesures de sécurité : mise en place d'un comité de crise au siège de la région Asie-Pacifique, désinfection des usines de Wuhan, prise de température quotidienne des salariés avant leur entrée sur le site, distribution de masques, etc.

SEB : Une usine dans la province de Wuhan-Hubei. Celle-ci est fermée en raison du nouvel an chinois et va le rester "jusqu'à nouvel avis des autorités". L'entreprise précise qu'elle ne compte aucun expatrié sur le territoire chinois. "Jusqu'à présent, aucun de nos employés n'a été déclaré malade", ajoute SEB qui a mis en place un système de suivi de l'état de santé des employés.

Suez : Avec une équipe de 40 personnes, Suez intervient dans une usine automobile d'un autre industriel pour la collecte, le traitement et la valorisation des déchets. L'équipe ne compte aucun expatrié français, a indiqué une porte-parole de l'entreprise à L'Usine Nouvelle. Suez a tout de même mis en place un dispositif de gestion de crise en Chine avec un renforcement du télétravail et des déplacements internes réduits. Suez précise que la crise du coronavirus n'a pour l'instant aucun impact économique sur son activité.

Schneider : Un centre de distribution et une usine dédiée à la fabrication de produits électriques basse tension.

Total : Une usine de 1 000 employés à travers la filiale Hutchinson, spécialisée dans la transformation des élastomères, les solutions d’étanchéités, le management des fluides, les systèmes antivibratoires et les matériaux.

Valeo : Deux usines et un centre de R&S couvrant “les systèmes de climatisation, d'éclairage et de chauffage”. Avec 1 000 chercheurs et développeurs, le centre de R&D est le plus grand de Valeo dans le monde. Au total, l'équipementier automobile compte 1 900 collaborateurs à Wuhan, dont seulement quatre ou cinq expatriés français. Selon l'entreprise, l'épidémie du coronavirus n'a aucun impact sur l'activité pour l'instant en raison des congés annuels et des fermetures programmées des usines.

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