La demande d’emballages en verre (alimentaire, boissons, beauté et pharma) a atteint un sommet au premier semestre 2022, indique la fédération des fabricants européens d’emballages en verre (Feve) dans un communiqué diffusé lundi 30 janvier. Comparé à la même période, un an plus tôt, le nombre de ventes a crû de 8,5% en unités. « Le taux de croissance est le plus élevé enregistré depuis le premier semestre 2016 », affirme l’association professionnelle qui précise que les ventes de contenants ont augmenté de 5,3 milliards d’unités ces sept dernières années. «L’industrie fait face à une croissance sans précédent de la demande du marché dans tous les segments en Europe», observe la Feve. Les industriels peinent toutefois à suivre.
Les membres de l’association ont beau indiquer avoir augmenté de 3% leur production entre le premier semestre 2021 et celui de 2022, certains marchés font part de pénurie sur leurs contenants en verre.
Feve Du premier semestre 2016 au premier semestre 2022, les ventes totales en verre creux ont augmenté de 14,2% en tonne et de 13% en unités.
Une augmentation de la production... à venir
Fin janvier, en France, les entreprises des vins et spiritueux interpellaient le ministère de l’Economie au sujet de leurs difficultés à s’approvisionner en bouteilles. Ils alertaient sur la «chute exceptionnelle» de la disponibilité en verre creux en France et sur des prix qui grimpent. Une situation déjà dénoncée dès le printemps 2022. Interrogé sur ces tensions par L’Usine Nouvelle, Patrice Lucas, le patron de Verallia, troisième producteur mondial de contenants en verre pour les boissons et l’alimentaire, et membre de la Feve, indiquait «couriraprès la demande » depuis la reprise post-Covid. Il l'expliquait par une forte reprise économique suite à la crise sanitaire de 2020, la désorganisation de la supply-chain qui l'a suivie et les impacts de la guerre en Ukraine. Cette dernière ayant entraîné une hausse des coûts de l’énergie, une baisse des importations ukrainiennes, le tout sur fond d’inflation.
Verallia a vidé et refroidi au deuxième trimestre l'un des deux fours de son usine de Zorya en Ukraine et a cessé de produire des bouteilles dans ce pays. Avec deux nouveaux fours récemment annoncés en Europe, l’industriel espère toutefois répondre aux attentes. «Nos membres sont fermement engagés à répondre à la demande», rassure la Feve sans donner d’échéance. «Ils investissent dans l’augmentation de la production et de la capacité.» Les entreprises des vins et spiritueux devront prendre leur mal en patience.



