La déprime de la consommation chinoise affecte LVMH. Le 23 juillet, le groupe français a présenté ses résultats financiers du premier semestre 2024. Ceux-ci révèlent un chiffre d’affaires de 41,7 milliards d’euros, en hausse de 2% par rapport au premier semestre 2023. Mais aussi un résultat net en baisse de 14%, porté principalement par le secteur des vins et spiritueux. La faute à la «normalisation» de la demande post-Covid du champagne, mais pas que. «Le cognac Hennessy est pénalisé par une demande locale faible sur le marché chinois», peut-on lire sur un communiqué du groupe de Bernard Arnault.
Baisse de la consommation chinoise
Une remarque qui pourrait s’étendre à tous les secteurs du groupe. Car lorsque l’on s’intéresse aux chiffres d’affaires régionaux, seul celui de l’Asie (en excluant le Japon) enregistre une baisse, à -10%, alors que celui du Japon augmente de 44%. «Le Japon est devenu la destination la plus attractive pour les clients asiatiques, commente Jean-Jacques Guiony, directeur financier de LVMH. La fluctuation du Yen fait que les clients chinois préfèrent attendre sa baisse plutôt que de faire leur shopping en Chine.»
Cependant, les autres divisions de LVMH gardent une bonne santé économique, témoignant d’une certaine résilience du groupe. La division mode et maroquinerie, qui constitue plus de 50% de l’activité du groupe, «enregistre une croissance organique de 1% de ses ventes au premier semestre 2024», tandis que les ventes de parfums et cosmétiques augmentent de 6%.
Si l’économie chinoise en berne ne montre pas de signe d'amélioration, le groupe se veut optimiste. «Tout en restant vigilant dans le contexte actuel, le groupe aborde la seconde partie de l’année avec confiance et compte sur l’agilité et le talent de ses équipes pour renforcer encore en 2024 son avance sur le marché mondial du luxe», a déclaré Bernard Arnault. Jean-Jacques Guiony, qui devrait prochainement céder sa place de directeur financier à Cécile Cabanis, s’est refusé à évaluer les résultats financiers futurs du groupe.
Avec Reuters (Mimosa Spencer, version française Kate Entringer, édité par Augustin Turpin)


