Les syndicats de Nestlé Waters appellent à la grève face à la suppression de 171 emplois à Vittel

Alors que des discussions sont en cours entre la direction du site Nestlé Waters de Vittel et l’intersyndicale (CGT, CFDT, CFE-CGC), cette dernière appelle à la grève contre le «projet de réorganisation» du groupe qui doit conduire à la suppression d’au moins 171 postes d’ici la fin de l’année. Nestlé affirme que son plan social va permettre de sauvegarder la compétitivité de son site.

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Vittel - ligne d'embouteillage
350 salariés se sont rassemblés devant leur usine mardi 5 septembre pour protester contre le projet de Nestlé.

Le ton monte entre les salariés et la direction du site Nestlé Waters de Vittel (Vosges) où 171 postes sur 721 doivent être supprimés d’ici la fin de l’année, comme l’avait annoncé Nestléle 16 mai dernier. 350 salariés se sont rassemblés devant l’usine mardi 5 septembre pour protester contre ce plan social d’envergure. Ce même jour, l’intersyndicale composée de la CGT, de la CFDT et de la CFE-CGC a appelé à une grève «illimitée». Son mot d’ordre alors qu’elle négocie avec la direction : «zéro licenciement».

Contacté par L’Usine Nouvelle, Nestlé justifie son «projet de réorganisation» par l’arrêt des ventes de ses bouteilles d’eau Contrex et Vittel en Allemagne en mai 2022, qui a «entraîné une réduction significative des volumes de production». Mais également par la suspension des forages nécessaires à la production de l’eau Hépar. «L'entreprise est confrontée aujourd'hui, comme le reste de l'industrie, à des conditions climatiques (...) qui affectent les conditions d'exploitation», avait-elle expliqué au mois de mai.

«Il est hors de question que l’on accepte de payer pour des choix stratégiques ou des erreurs de gestion de ressource, s’indigne Yannick Duffner, délégué syndical CFDT chez Nestlé Water Vosges. Le rapport de force doit s’engager.» Pour lui, Nestlé aurait pu «mieux gérer» l’aléa climatique, notamment en l’anticipant davantage, tandis que l’arrêt de la commercialisation des bouteilles en Allemagne était un «choix du groupe» et relève de sa responsabilité. Pour le syndicaliste, le nombre d’emplois supprimés pourrait au final être bien supérieur aux 171 annoncés. «Ils vont proposer des temps partiels à des salariés et s’ils ne les acceptent pas, ils pourront être licenciés pour faute», croit-il savoir.

Congés de fin de carrière et plan de départ volontaire

Des réunions d’information-consultation entre la direction et les partenaires sociaux sont en cours jusqu’au 13 octobre. L’intersyndicale souhaite privilégier les aménagements de fin de carrière et les départs volontaires afin de limiter le nombre de licenciements. «On a reçu beaucoup de fins de non-recevoir» de la part de la direction dénonce Yannick Duffner, notamment sur la question des congés de fin de carrière, auxquels pourraient prétendre une quarantaine de salariés selon lui.

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Quant aux départs volontaires, l’intersyndicale dit avoir déjà obtenu «un certain nombre de garanties», d’après le représentant du personnel. Nestlé accompagnera financièrement pendant 18 mois au moins les salariés en formation pour se reconvertir. Une partie des collaborateurs pourra également être affectée sur d’autres sites français du groupe.

Yannick Duffner décrit une ambiance «très anxiogène» au sein de l’entreprise alors qu’au «cours des cinq dernières années, on a déjà perdu un quart de nos effectifs». De son côté, Nestlé dit comprendre «l’émotion que peut susciter l’annonce de ce projet de réorganisation auprès de la population locale». Le groupe, qui a investi plus de 63 millions d’euros dans son usine de Vittel ces trois dernières années, assure que son plan permettra «d’ajuster les capacités de production aux perspectives d’activités et sauvegarder la compétitivité de notre site».

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