Samsung Electronics publiera ses résultats 2019 définitifs le 30 janvier 2020. Mais le géant coréen de l’électronique, numéro un mondial de la télévision, des smartphones, des puces mémoires et des écrans Oled, a déjà prévenu qu’ils seront mauvais, très mauvais. Selon les analystes financiers de Hyundai Motor Investment & Securities, le chiffre d’affaires devrait être en baisse de 5,8% à 229,6 billions de wons, l’équivalent de 197,2 milliards de dollars.
Certes, les quatre grandes activités – électronique grand public, mobiles, semi-conducteurs et écrans plats – restent toutes dans le vert. Mais le bénéfice d’exploitation aurait fondu de 53% à 23,8 milliards de dollars et le bénéfice net de plus de la moitié à 18,7 milliards de dollars. Ce sont là les plus mauvais résultats en quatre ans du vaisseau-amiral du premier conglomérat industriel coréen.
Effondrement des prix des mémoires

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En cause : ses puces mémoires qui représentent plus de 77% de son revenu dans les semi-conducteurs et près de 22% de son chiffre d’affaires total en 2019. Ces composants banalisés, considérés comme la matière première de l’industrie électroniques, ont fait la fortune de Samsung Electronics pendant deux ans, le propulsant en 2017 et 2018 en tête du marché des semi-conducteurs, une place occupée auparavant par l’américain Intel et ce de façon ininterrompue depuis 1993 selon le cabinet IC Insights.
Après un cycle de flambée des prix, ils sont tombés au quatrième trimestre 2018 dans un cycle de marasme avec l’effondrement des prix moyens en 2019 de 37% pour les mémoires Dram et 27% pour les mémoires flash NAND selon IC Insights, entraînant l’ensemble du marché des semi-conducteurs dans une baisse aux alentours de 13%, la plus sévère en dix ans. Pour Samsung Electronics, cela se traduirait par une plongée de cette activité, qui constitue sa vache-à-lait avec près de 73% de l’ensemble de ses profits en 2018, de 31% en chiffre d’affaires et 70% en bénéfice d’exploitation.
Et comme un malheur n’arrive jamais seul, le groupe a dû affronter une année particulièrement difficile dans les écrans LCD de grand format avec une chute des prix d’environ 20% selon le cabinet IHS Markit du fait d’une surcapacité de production provoquée par les fabricants chinois. Ses écrans Oled pour smartphones, un marché qu’il domine à plus de 80%, ont beau croître, cela n’aurait pas empêché son activité d’écrans plats de dévisser de 3,5% en chiffre d’affaires et 32% en bénéfice d’exploitation.
Gain de 51% en Bourse
Paradoxalement, ces résultats ne semblent pas inquiéter les investisseurs. Après avoir décroché en mai 2018, l’action de Samsung Electronics en Bourse a repris son augmentation pour atteindre aujourd’hui un record historique. En 2019, la capitalisation boursière a gonflé de 51% pour dépasser la barre des 300 milliards de dollars, plaçant le groupe coréen à la 18 ème place mondiale et la deuxième en électronique derrière Apple, mais devant TSMC ou Intel.
L’optimisme des investisseurs est conforté par la publication des résultats provisoires du quatrième trimestre 2019 supérieurs aux attentes, avec des signes de rebond plus rapide que prévu. Là encore, les perspectives d’amélioration viennent de l’éclaircie dans les puces mémoires. Les prix repartent à la hausse à la faveur d’un décollage vigoureux de la 5G et d’un incendie dans une usine du japonais Kioxia (ex-Toshiba Memory Corp), numéro deux mondial des mémoires flash NAND qui partage sa production avec Western Digital, numéro trois du marché.
Accélération des investissements
Ce n’est pas le seul signe positif. L’embargo américain contre Huawei fournit un ballon d’oxygène inespéré à Samsung Electronics dans les smartphones en dehors de la Chine. Il accroît dans le même temps la demande en puces mémoires des équipementiers électroniques chinois engagés tous dans une refonte de leur chaîne logistique en faveur de sources alternatives à leurs fournisseurs américains. Signe de sa confiance, il a décidé d’abonder son projet de seconde usine de mémoires flash 3D à Xian, en Chine, de 8 milliards de dollars, portant l’investissement total dans cette usine à 15 milliards de dollars en trois ans (2019-2020).
Les analystes de Hyundai Motor Investment & Securities voient Samsung se relever en 2020 avec une remontée de 9,6% du chiffre d’affaires à un record de 221,7 milliards de dollars et explosion de 55% du bénéfice net à 29,7 milliards de dollars. Et le groupe coréen devrait conforter son rebond avec une progression en 2021 de 10,5% du chiffre d’affaires et 25% du bénéfice net, sans toutefois jamais pulvériser le record de profitabilité de 2018.



