21,6%, c'est la part des produits de biocontrôle désormais vendus en France selon les chiffres de l'Union des Industries de la protection des plantes (UIPP), l'interprofession qui réunit 19 entreprises du secteur. Ce chiffre, un plus haut historique, illustre la transition entamée par le secteur pour "s'adapter aux nouvelles attentes de la société", explique Bruno Baranne, président de l'UIPP, également à la tête de Syngenta France.
La baisse des phytosanitaires conventionnels
"En miroir, nous observons une baisse de la proportion de produits phytosanitaires conventionnels commercialisés en France", analyse Eugenia Pommaret, directrice générale de l'UIPP. Les produits de synthèse ne représentent, en effet, plus que 78,4% des phytosanitaires vendus en France en 2019 et 64% des substances actives commercialisées dans l'hexagone contre respectivement 93,1% et 86,3% en 2010.
Face à cette tendance de fond, les entreprises membres de l'UIPP parmi lesquelles Bayer, Syngenta ou encore Corteva, ont fait du développement du biocontrôle l'un des axes prioritaires de la feuille de route du secteur pour 2030. "Quatre milliards d'euros seront consacrés à la R&D de ces produits par les entreprises du secteur", précise Bruno Baranne.
Des ventes de pesticides historiquement basses
Malgré la croissance du marché des produits de biocontrôle, les ventes de produits de phytosanitaires en France en 2019 affichent un plus bas historique avec 52 347 tonnes commercialisées dans l'hexagone pour un total, en chiffre d'affaires, d'1,87 milliard d'euros en baisse de 5,3%.
Pour l'UIPP, trois raisons principales expliquent ce décrochage: d'une part, un climat favorable qui, en 2019, n'a pas mis les cultures sous tension, d'autre part, une année 2018 marquée par un record des ventes dû à l'anticipation de l'augmentation de la redevance pour pollution diffuse. Aidés pour les outils digitaux et la robotique, les agriculteurs sont aussi de plus en plus nombreux à optimiser les doses de produits appliqués dans les champs. Une pratique qui se traduit directement sur les ventes de phytosanitaires. C'est pourquoi, pour Eugénia Pommaret, "avant de tirer un constat, il est important de regarder dans la durée pour savoir si cette tendance se confirme."



