Les prix des matières premières pourraient faire basculer Jacquet Brossard dans le rouge, s'inquiète Limagrain

Les pains de mie et buns de la marque Jacquet Brossard ont beau être le numéro 2 sur le marché français, ils affichent une rentabilité négative. En cause, la hausse du coût des matières premières qui rognent les marges de l'industriel. Inquiète, Limagrain, sa maison-mère, réclame aux distributeurs une augmentation du prix des produits.

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Jacquet Panification, Clermont-Ferrand
Avec l'augmentation du cours des matières premières, les produits Jacquet Brossard affichent une rentabilité négative.

Malgré une hausse de 8 millions d'euros de son chiffre d'affaires à 308 millions d'euros sur le dernier exercice (clôturé au 30 juin 2021), les résultats du spécialiste des pains industriels Jacquet Brossard inquiètent les dirigeants de Limagrain (1,9 milliard de chiffre d'affaires), sa maison-mère.

Jacquet Brossard exposé à la hausse des matières premières

En cause : la hausse du coût des matières premières conjuguée à la pression des distributeurs pour faire baisser les prix qui mettent en péril la rentabilité de la marque.

«Jacquet Brossard est la société du groupe la plus exposée à la hausse du cout des matières premières», explique Sébastien Vidal, président du groupe coopératif Limagrain, «nous sommes dans le "dur" car nous absorbons des hausses (+29% sur le blé l’an dernier) qui n’ont pas été répercutées». Le groupe explique avoir vu ses tarifs diminuer de 6% sur les dernières années quand, sur la même période, l'ensemble du coût des matières premières augmentait de 6,5%.«Nous rognons nos marges», s'inquiète le responsable.

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Cette situation, les dirigeants de la coopérative agricole n'ont pas hésité à la mettre sur le dos des distributeurs. «En France, nous n'arrivons pas à gagner notre vie et à dégager des marges. A l'étranger, il y a une meilleure compréhension des enjeux auxquels les industriels font face», déplore Sébastien Chauffaut, le nouveau directeur général du groupe, «nous sommes numéro 2 du marché français, mais cela n'a aucun sens si nos produits ne sont pas rentables».

Des investissements pour servir l'export

Pour tenter de changer la donne, Limagrain a multiplié les investissements ces dernières années. Ainsi, 37 millions d'euros vont être injectés dans l'usine de Saint-Beauzire (Puy-de-Dôme) pour lancer deux nouvelles lignes de production de buns et 24 millions pour la construction d'un nouveau moulin à grain. Ces sommes doivent permettre au groupe de diversifier ses gammes et de proposer des nouveaux produits "sans sucre ajouté" ou à "plus forte teneur en fibres" qui dégagent de plus fortes marges. D'autres investissements sont prévus dans les années à venir sans que les dirigeants ne souhaitent les préciser. «Nous allons continuer d'innover pour répondre aux attentes des consommateurs», souligne Sébastien Chauffaut. 

Malgré l'arrêt de sa collaboration avec l'entreprise brésilienne Guerra et sa sortie du marché du géant sud-américain, le groupe français a également confirmé ses ambitions à l'international tout en annonçant un changement de stratégie. «Désormais, nous allons aller vers l'export mais en utilisant les outils industriels existants, en nous appuyant sur les derniers investissements réalisés», explique Sébastien Vidal. La marque, qui réalise déjà 15% de ses ventes à l'international, vise notamment le marché nord-américain et la Chine où il exporte ses produits fabriqués en France. Cette stratégie souffre toutefois de la pandémie de Covid. «L'épidémie nous freine. Cela devient compliqué d’expédier et faire la promotion de produits à l’étranger», regrette Sébastien Vidal. 

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