Les Etats-Unis et la Corée du Sud lancent leur dialogue sur le commerce et la chaîne logistique. Le protocole d’accord a été signé à Washington, le 27 avril 2023, entre la Secrétaire au commerce des États-Unis, Gina Raimondo, et le ministre du Commerce, de l'Industrie et de l'Energie de la République de Corée, Chang-Yang Lee. Les semi-conducteurs figurent en bonne place dans la feuille de route des discussions, aux cotés de la robotique et de la fabrication additive.
L’objectif est de coopérer au «renforcement de la compétitivité mondiale des industries des semi-conducteurs et de la résilience de la chaîne logistique dans les deux pays respectifs et, le cas échéant, avec d'autres nations partageant les mêmes idées», selon la déclaration commune des deux ministres. Ce qui laisse la porte ouverte à l’Europe, au Japon ou encore à Taïwan, mais exclut implicitement la Chine, que les Etats-Unis veulent empêcher à tout prix de maîtriser demain les technologies avancées de puces.
Inquiétudes de Samsung et SK hynix
La feuille de route comprend trois axes de coopération. Le premier prévoit la mise en place de consultations étroites au sujet des subventions et autres incitations publiques. Les deux pays partagent le désir de créer des conditions favorables aux investissements privés dans les écosystèmes des semi-conducteurs coréen et américain, mais souhaitent lever les incertitudes posées par les plans d’incitations comme le Chips Act for America.
Les fabricants sud-coréen Samsung et SK hynix s’inquiètent des conditions draconiennes fixées pour l’accès à ces subventions comme le partage d’informations business avec le gouvernement américain ou l’abstention de tout investissement en Chine pendant au moins dix ans. Le ministre sud-coréen du Commerce, de l'Industrie et de l'Energie a fait part de ces inquiétudes à la secrétaire américaine du commerce et jugé les conditions américaines «excessives» selon le journal sud-coréen The Korea Herald.

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Samsung est engagé dans la construction à Taylor, au Texas, d’une mégafab à 17 milliards de dollars. SK hynix envisage de son coté d’ouvrir aux Etats-Unis une usine avancée de test, d’assemblage et de packaging de puces dans le cadre d’un plan d’investissement dans les semi-conducteurs de 15 milliards de dollars. Ils espèrent bénéficier des subsides du plan Chips Act for America.
Coopération dans les technos de pointe
Le deuxième axe porte sur la R&D et l’innovation. Les deux parties comptent établir, au sein du dialogue sur le commerce et la chaîne logistique, un forum de discussion pour mettre en relation instituts de recherche, associations professionnelles, universités, agences gouvernementales et entreprises. Ce forum servira à identifier les opportunités de collaboration et les projets potentiels de R&D, en fonction des atouts des deux pays dans les semi-conducteurs. Parmi les sujets potentiels de collaboration, les deux ministres citent les puces avancées de nouvelle génération, le conditionnement avancé de composants, l'intégration hétérogène, les matériaux, pièces et dispositifs de pointe.
Le troisième axe de coopération vise à renforcer la résilience des chaînes d'approvisionnement mondiales de semi-conducteurs par des discussions approfondies sur les programmes de cette industrie, les politiques industrielles de deux pays dans le secteur et les facteurs de risque potentiels pour la chaîne logistique.
La Chine dans le viseur
Les Etats-Unis n’oublient pas d’inclure dans le plan de coopération le contrôle d’exportation des technologies avancées de puces. Le volet vise tout particulièrement la Chine.
La Corée du Sud s’impose comme une force majeure dans l’écosystème mondial de semi-conducteurs. Ce petit pays asiatique détient 19 % du marché en 2022, derrière les Etats-Unis (58 %), mais devant l’Europe (8 %), Taïwan (7 %), le Japon (6 %) et la Chine (2 %) selon les chiffres communiqués à L'Usine Nouvelle par le cabinet TechInsights. Il abrite 23 % des capacités mondiales de production, juste derrière Taiwan (25 %), mais devant le Japon (17 %), la Chine (13 %), les Etats-Unis (11 %) et l’Europe (7 %). Il fournit près de 65 % des puces mémoires consommées dans le monde et constitue l'un des deux seuls pôles de production de puces de pointe, aux côté de Taïwan.



