L’Europe a beaucoup perdu de sa présence dans les équipements électroniques autonomes comme les PC, les smartphones, les téléviseurs ou les serveurs, qui font aujourd’hui la puissance de la Chine. Mais elle conserve une position forte dans les équipements électroniques embarqués professionnels. Telle est la conclusion mise en lumière par le rapport « Technologies émergentes dans les composants et systèmes électroniques : opportunités à venir » remis par le cabinet Decision à la Commission européenne.
L'Europe produit 22 % des équipements électroniques embarqués dans le monde
La production d’équipements électroniques en Europe est évaluée à 290 milliards d’euros en 2018 : 60 milliards d’euros dans les équipements autonomes et 230 milliards d’euros dans les équipements embarqués professionnels. Si elle ne représente que 15 % de la production mondiale, sa part monte à 22 % dans les équipements embarqués professionnels. Une force qui découle de la puissance du Vieux Continent dans l’automobile, l’aérospatiale, la défense, l’industrie ou encore le médical, où l’Europe compte des leaders mondiaux comme Airbus, Thales, Safran, Bosch, Continental, ABB, Siemens, Schneider Electric ou encore Philips.
L’Europe produit 27 % des équipements électroniques du monde pour l’automobile, 22 % pour l’aérospatiale et la défense, 20 % pour l’industrie ou encore 19 % pour le médical. Des taux élevés qui témoignent du poids enviable de l’industrie européenne sur ce segment de l’électronique promis à un bel avenir dans les cinq années à venir avec des taux composés de croissance supérieurs à 4,5 % sur la période de 2018 à 2023. Une belle opportunité pour l’électronique européenne si elle parvient à relever deux défis majeurs.

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16 technos émergentes clés à maîtriser
Le premier est technologique. Le rapport identifie 16 technologies émergentes clés qui vont métamorphoser les équipements électroniques embarqués dans les années à venir. Parmi elles figurent les nouvelles mémoires non volatiles, les interconnexions photoniques, les puces neuromorphiques, le calcul quantique, le packaging 3D, les capteurs intelligents, l’intelligence artificielle et le cryptage homomorphique. L’électronique européenne détient des sérieux atouts en recherche et développement dans tous ces domaines, souligne le rapport. Mais elle peine à concrétiser cette force au niveau industriel et à maîtriser l’ensemble de la chaine de valeur.
L’autre défi vient de la concurrence des autres puissances industrielles. Le rapport attire l’attention sur quatre d’entre elles : les Etats-Unis, la Chine, le Japon et la Corée du Sud, qui ont la capacité et le potentiel de grignoter des parts de marché à l'Europe. Dans certains segments des équipements électroniques embarqués, les deux superpuissances mènent déjà la course avec chacune 22 à 24 % de la production mondiale.
Bataille de l'Internet des objets industriels
L’enjeu de la bataille réside dans le contrôle de la nouvelle chaine de valeur de l’Internet des objets industriel qui va transformer toutes les industries utilisatrices, de l’automobile au médical, en passant par l’aéronautique, l’énergie ou la sécurité. Le rapport souligne les forces de l’Europe en R&D mais aussi dans des secteurs comme les Mems, les capteurs, la photonique, les éléments de sécurité ou encore l’électronique imprimée. Il pointe dans le même temps ses faiblesses dans le packaging avancé de composants, les algorithmes d’apprentissage statistique, le traitement neuromorphique ou encore les mémoires non volatiles.
Pour éviter à l’Europe de perdre sa position actuelle, le rapport recommande d’aider l’industrialisation des technologies émergentes clés à l’instar des Etats-Unis et de la Chine, de soutenir l’effort de R&D dans les domaines où elle est retard et de favoriser par la régulation les acteurs européens du numérique face à la domination des américains Gafami (Google, Amazon, Facebook, Apple, Microsoft et IBM) et chinois Batx (Baidu, Alibaba, Tencent et Xiaomi).



