Les tensions en mer Rouge ne montrent pas de signes de désamorçage, affectant le fret maritime dans la région et laissant craindre une escalade du conflit. Le 3 janvier, les rebelles Houthis du Yémen, soutenus par l’Iran, ont dit avoir pris pour cible un porte-conteneurs appartenant à la CMA CGM, le Tage, qui se dirigeait selon eux vers Israël. Celui-ci n’aurait «subi aucun incident», a déclaré un porte-parole du groupe français de transport maritime à Reuters. Après l'avoir suspendu le 16 décembre, CMA-CGM avait déclaré «augmenter de façon progressive le transit» de ses navires par le canal de Suez, et donc par la mer Rouge, le 26 décembre.
Des navires marchands visés
Les attaques des Houthis sur les navires marchands se multiplieraient-elles ? La précédente date du 2 janvier. Selon le commandement militaire américain (Centcom), les rebelles Houthis du Yémen ont lancé deux missiles balistiques antinavires (ASBM) dans la mer Rouge. «De multiples bateaux dans la zone ont rapporté l’impact des ASBM dans l’eau environnante mais aucun n’a rapporté de dégâts. […] C’est la 24e attaque contre des navires marchands depuis le 19 novembre», a déclaré le Centcom dans un tweet. Le 9 décembre, les Houthis avaient affirmé qu’ils attaqueraient tous les navires israéliens ou qui se rendent dans des ports israéliens, afin de soutenir les Palestiniens de la bande de Gaza.
L’équipage du Maersk Hangzhou, un porte-conteneurs singapourien, en a également fait les frais le 31 décembre. Les bateaux Houthis seraient arrivés «à 20 mètres» du porte-conteneurs, selon Centcom, avant que des hélicoptères de la marine américaine détruisent trois des quatre embarcations utilisées par les Houthis. Aucun survivant n'a été signalé parmi les occupants des trois embarcations coulées et la quatrième a réussi à prendre la fuite, selon le Centcom. Dans un communiqué, un porte-parole des Houthis, Yahya Sare’e, a indiqué que dix combattants du mouvement étaient «morts ou portés disparus» après la destruction de leurs embarcations.
Des délais et des prix affectés
Le 31 décembre, le transporteur maritime danois, Maersk, a fait part de la suspension de tout le trafic de sa flotte par la mer Rouge pendant 48 heures, qu’il a prolongé le 2 janvier. Une décision suivie par plusieurs transporteurs maritimes. L’allemand Hapag-Lloyd a annoncé le 2 janvier qu’il continuerait d’éviter de passer par la mer Rouge, reroutant les navires vers le cap de Bonne Espérance (Afrique du Sud), au moins jusqu’au 9 janvier. L’italo-suisse MSC, dont des navires ont été ciblés deux fois par des attaques, fait de même, sans toutefois préciser de potentielle date de fin.
Cependant, passer par le cap de Bonne Espérance implique des délais plus longs et, par conséquent, des prix plus élevés. CMA-CGM, par exemple, a doublé les prix du transport d’un conteneur entre l’Asie et la Méditerranée occidentale, passant de 3 000 dollars à 6 000 dollars, à partir du 15 janvier. MSC augmente également ses prix, passant de 2 900 à 5 900 dollars pour le transport d’un conteneur de 40 pieds des ports asiatiques à la Méditerranée occidentale, alors que le dernier tarif n’était effectif... que depuis le 1er janvier.
Malik Habchi



