Les ambitions vertes de Sojasun

Depuis sa création, le groupe Triballat Noyal, propriétaire de la marque Sojasun, s’est démarqué par sa stratégie énergétique. Objectif, la neutralité carbone.

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L’éolienne fournit 10 % de l’énergie nécessaire à l’usine de Châteaubourg.

Au bord de la N157, qui relie Paris à Rennes, une éolienne. La pale de 87 mètres de hauteur, qui produit 0,8 mégawatt, alimente le site industriel Sojasun, situé sur la commune de Châteaubourg (Ille-et-Vilaine). Installée en 2011, elle produit 10 % de l’énergie nécessaire au fonctionnement de l’usine.

Elle est l’initiative la plus visible de la transition énergétique entamée par le groupe laitier Triballat Noyal, propriétaire de la marque de yaourts végétaux depuis sa création en 1951. "L’entreprise familiale a vécu la période des quotas européens. Il fallait se différencier des autres grands groupes industriels laitiers. Très vite, Triballat Noyal a misé sur les produits végétaux et bio", rappelle Jean-Marc Lévêque, le directeur du développement durable de la société. Un choix qui a rapidement déteint sur l’ensemble des outils de production. Après une décennie passée à calculer et réduire ses dépenses énergétiques, Triballat Noyal est passé à l’étape des investissements.

Site de test à Châteaubourg

Dès 2006, 21 m² de panneaux solaires sont posés sur le toit de l’usine. En 2015, c’est au tour d’une chaudière biomasse d’être installée. "Elle permet d’assurer 70 % des besoins en gaz de l’usine", se félicite Jean-Marc Lévêque. Plus récemment, le groupe a décidé de poser des ombrières sur les 80 places de parking du site. Ces dernières, autonomes à 99 %, produisent 200 000 kilowattheures par an. Résultat, aujourd’hui, plus de 60 % de l’énergie utilisée pour la production des yaourts est d’origine renouvelable. "Le site de Châteaubourg nous sert de test. Si les solutions énergétiques déployées sont satisfaisantes, nous les dupliquons dans nos 18 autres sites de production", précise le directeur du développement durable.

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Le reste des émissions de CO2 est compensé par la plantation d’arbres localement. Grâce à l’ensemble de ces projets, le groupe, qui dégage un chiffre d’affaires de 327 millions d’euros, s’est fixé pour objectif de devenir neutre en carbone d’ici à 2021. "Pour l’atteindre, nous devons encore travailler sur la question du transport routier", précise Jean-Marc Lévêque. Un million de litres de combustible sont utilisés pour la collecte et le transport de marchandises. Sojasun a déjà converti une partie de sa flotte au biodiesel diester et à l’Oleo 100, énergie 100 % végétale made in France. "Mais il y a encore un blocage de certains constructeurs pour convertir l’ensemble de la flotte", déplore le responsable.

Investissements reportés

Reste à savoir si la crise liée à la pandémie de Covid-19 ne viendra pas perturber les projets de l’entreprise. "Les investissements énergétiques vont être décalés, prévient d’ores et déjà Jean-Marc Lévêque. Nous avions par exemple prévu de substituer le gaz dans nos sites de Noyal-sur-Vilaine (Ille-et-Vilaine) et de la Tieule (Lozère). Il s’agit d’investissements conséquents, mais qui ne sont pas rentables à court terme d’autant plus que le gaz est une énergie peu chère." Pour l’instant, l’objectif de neutralité carbone est reporté de quelques mois.

Un pionnier du bio 

Comment se différencier des Lactalis, Danone et autres Nestlé ? Dans les années 1970, c’est en tentant de répondre à cette question que le groupe laitier Triballat Noyal décide de se lancer dans le bio. "C’était un marché de niche", rappelle Jean-Marc Lévêque, le directeur du développement durable de l’entreprise. Dans les années 1980, le groupe participe à l’élaboration du label AB. "Le bio ne se commercialisait alors que dans des magasins spécialisés", précise-t-il. La situation change en 1995 lorsque le groupe lance "Vrai", la première marque bio en grandes surfaces. Aujourd’hui, chez Triballat Noyal, 60 % des matières premières sont d’origine biologique. Une proportion en hausse continue.

 

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