La production industrielle d’hydrogène vert en France, Lucien Mallet a été le premier à y croire.
En 2016, cet ingénieur des Mines, expert en stockage d’énergie et fondateur du producteur éolien Eole-Res, crée avec Alain Samson, le président des transports Malherbe et de la société d’investissement Samfi-Invest, la société d’ingénierie H2V Industry. Elle a pour vocation de porter deux projets de production d’hydrogène vert d’une capacité de 28 000 tonnes par an chacun.
Le premier, à Dunkerque (Nord), doit servir à pallier l’intermittence d’énergies renouvelables en convertissant les surplus en hydrogène injectable dans le réseau de gaz, ou power-to-gas. Vertueux sur le papier, le modèle économique reste à trouver. Car qui va payer ? À cette question, H2V Industry n’avance aucune réponse.
Le second, à Port-Jérôme-sur-Seine (Seine-Maritime) est plus avancé. Destiné à alimenter en hydrogène vert les industriels de la zone qui doivent décarboner leur production, il vient d’obtenir son autorisation de construction. Le site doit entrer en service en 2022, équipé de 25 électrolyseurs du norvégien HydrogenPro. Si les deux projets de H2V aboutissent, ce dernier ouvrirait un site d’assemblage en France qui emploierait 50 personnes. Pour l’instant, la mise en service des deux sites, qui nécessitent chacun un investissement de 230 à 251 millions d’euros, est prévue pour 2022 ou 2023. Ils créeront chacun 70 emplois directs et 100 emplois indirects. Mais, sauf revirement, Lucien Mallet ne sera pas là pour les inaugurer. Fin septembre, il a été débarqué de la direction de H2V Industry. C’est le directeur des opérations, Jean-Marc Léonard, qui est devenu directeur général de l’entreprise de 22 personnes, implantée à Paris. L’entreprise a d’autres projets en France, dont un conjoint avec Air liquide.



