Il fait partie de ces précurseurs qui se sont très tôt intéressés à un enjeu longtemps déconsidéré et désormais au cœur de l’aéronautique : la réduction des émissions de CO2 des avions. Alexandre Feray, 50 ans, s’y est attelé dès 2006, en créant OpenAirlines, à Toulouse.
Son idée ? Récupérer les données d’un avion après chaque vol (vitesse, température, position...). "Puis on les agrège au niveau d’une plate-forme que nous avons développée en interne à d’autres sources comme le plan de vol, la météo, les informations sur le chargement de l’avion ou bien encore le prix du carburant", détaille Alexandre Feray. Elles sont ensuite traitées via des algorithmes, comparées à celles issues d’autres vols, pour, in fine, déterminer les meilleures pratiques.
La solution, dénommée Skybreathe, offre une réduction de la consommation de carburant de l’ordre de 2 à 4 %. Un service avant-gardiste pensé par un digital native.
Ado geek – il a développé à l’âge de 18 ans un langage informatique commercialisé par Apple France –, Alexandre Feray est passé par Centrale Paris et a entamé sa carrière chez IBM, puis au sein d’Alcatel et Alstom, dans les réseaux téléphoniques. Son arrivée à Air France en 1999 au centre de contrôle des opérations lui donne le goût de l’aéronautique.
Son pari avec OpenAirlines est osé, alors qu’il affronte sur ce terrain de l’optimisation des vols des géants tels que Honeywell, General Electric et Boeing. "Nous nous différencions par la qualité de nos algorithmes, assure le dirigeant. Notre solution s’adaptant à tous les avions, elle est bien moins onéreuse que celles de nos concurrents."
Le succès est là. La PME, qui emploie 40 personnes pour un chiffre d’affaires de 3,6 millions d’euros, a séduit 40 compagnies aériennes, soit environ 2 000 appareils. Elle traite environ 2 milliards de données par jour. Alors que l’entreprise est en train d’implémenter sa solution chez Air France, Alexandre Feray la verrait bien plaire aux acteurs du trafic aérien pour verdir leur activité.



