Petit à petit, Hemeria fait son nid dans le secteur de la défense. Cette société toulousaine vient d’annoncer ce 4 avril le rachat d’Opensci. Le fabricant de minisatellites met ainsi la main sur un spécialiste capable de détecter les lancements spatiaux et les tirs balistiques à longue portée. «Cela vient renforcer le positionnement d’Hemeria dans le domaine de la défense via les services de données, ce qui est nouveau, et ouvrir des perspectives à l’export», a précisé Nicolas Multan, directeur général d’Hemeria. Le montant de l’opération n’a pas été communiqué.
Opensci a été créée en 2017 en Dordogne et fait partie des nouveaux acteurs du newspace. Sa technologie repose sur des systèmes de traitement des données issues de capteurs au sol et en orbite pour suivre les propriétés de la haute atmosphère. «Cette technologie combine mesures physiques, intelligence artificielle et apprentissage automatique», précise le communiqué de presse diffusée à cette occasion. Grâce à son adossement au groupe Hemeria, Opensci espère développer son offre à l’international.
Priorité aux activités de souveraineté
Avec cette acquisition, Hemeria renforce son positionnement sur les activités de souveraineté. En 2022, elle avait déjà fait l’acquisition de l’activité de ballons stratosphériques auprès de la CNIM Air Space (et détenue à l’origine par Zodiac Marine). Ces ballons permettent de remplir des missions aussi bien scientifiques que militaires. Selon son dirigeant, cette opération permettait déjà d’élargir son offre vis-à-vis de ses deux grands clients, le CNES et la DGA.
Fin 2020, la société avait été sélectionnée par le ministère des Armées afin de mettre au point un démonstrateur de satellite patrouilleur dans le cadre du programme Yoda (Yeux en Orbite pour un Démonstrateur Agile) du Commandement de l’espace. Créée en 2019, Hemeria enregistre une croissance fulgurante : la société vise un chiffre d’affaires de 100 millions d’euros pour un effectif de 700 salariés en 2026 contre 67 millions d’euros pour 400 salariés environ l'an dernier.
Elle s’appuie sur une solide expérience dans le spatial. Issue d’anciennes activités critiques du fabricant d’équipements électroniques Nexeya, l’entreprise a notamment livré des équipements pour les constellations Irridium, O3B et GlobalStar. Elle produit actuellement les satellites pour la constellation Kineis soutenue par le CNES et pour lesquelles elle a investi un million d’euros dans une salle blanche.



