Le suédois SKF investit 33 millions d'euros en Indre-et-Loire pour s'adapter à l'électrification des véhicules et se décarboner

Le groupe suédois SKF engage un investissement de 33 millions d’euros sur son site de Saint-Cyr-sur-Loire (Indre-et-Loire), soutenu à hauteur de 6 millions d’euros par le plan France 2030. Objectif : soutenir son plus grand site français dans sa mue vers l’électrique et sa décarbonation.

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Site SKF à Saint-Cyr-sur-Loire (Indre-et-Loire)
Le site SKF à Saint-Cyr-sur-Loire vise une capacité de 7 millions de roulements par an à l’horizon 2027.

«Si la fin des ventes de véhicules thermiques est prévue pour 2035, nous devons négocier ce virage bien avant, d’autant que 70% des véhicules montés en Europe seront électrifiés dès 2030», anticipe Vincent Mégret, président de SKF France pour expliquer l’investissement de 33 millions d’euros porté par le spécialiste des roulements à billes sur son usine historique à Saint-Cyr-sur-Loire (Indre-et-Loire). Créé en 1938, le site, qui s’étend sur 300 000 m² au nord de Tours, emploie 1 350 salariés pour 680 millions d’euros de chiffre d’affaires, soit 12% du chiffre d’affaires du groupe suédois.

«L’objectif de notre projet EVTurn, lauréat de France 2030, est de sécuriser cette transition et d’accélérer le virage pour la nouvelle génération de moteurs électriques. Car dans nos lignes de production nous avons encore des galetstendeurs, roulements dédiés aux courroies de distribution du moteur thermique et des butées d’embrayage», souligne le président. Sur l’enveloppe de 33 millions d’euros, 23 seront dédiés à cette transition vers l’électrique et 10 millions investis afin de poursuivre la décarbonation du site. Cet investissement s’accompagnera du recrutement de 80 opérateurs en CDI. L’Etat a accordé au groupe SKF une subvention de 6 millions d’euros, le montant le plus élevé accordé dans la région Centre-Val-de-Loire depuis le lancement de France Relance.

Lever les verrous technologiques de l’électrique

En qualité de lauréat France 2030 pour une filière «plus vertueuse, de la conception à l’industrialisation des composants», SKF est soutenu par l’Etat à hauteur de 3,5 millions d’euros dans ses efforts de recherche en laboratoire et la création de 4 nouvelles lignes de production. «L’objectif est d’atteindre une capacité de 7millions de roulements par an à l’horizon 2027 et de lever les principaux verrous technologiques pour adapter nos moyens de laboratoires et prototypage aux futurs besoins. Les véhicules électriques nouvelle génération auront besoin d’augmenter leur puissance de 400 à 800volts -28000 tours/minute, tout en prolongeant leur autonomie», précise Vincent Mégret. Sur l’enveloppe investie par le groupe suédois, 4,5 millions d’euros seront dédiés à la conversion des bancs de test comme à l’évolution des outils de prototypage du pôle R&D de Saint-Cyr-sur-Loire. Ce pôle de compétences, qui compte 140 salariés, contribue à l’attribution de 15% des brevets du groupe.

«Notre ambition consiste à couvrir 10% des besoins du marché en Europe en 2030, qui représentera 10 millions de véhicules avec 6 à 8roulements», souligne le président SKF France. Les quatre lignes qui produiront des roulements rigides à billes seront installées progressivement entre 2024 et 2026, la première étant opérationnelle dès 2024. «Nous garderons une partie de nos lignes pour le marché de la rechange, activité importante du site», ajoute-t-il. Une mue progressive qui correspond aux objectifs verts du projet EV Turn, qui comprend un volet décarbonation.

10 millions pour viser le Scope 3 de décarbonation

Un précédent investissement de SKF (3,4 millions) avait déjà permis de réduire de 35% les émissions de CO2 du site tourangeau (en 2010) et jusqu’à moins 70% (en 2022). Le nouvel objectif est d’atteindre 95% de réduction d’émission de CO2 d’ici 2027. Pour y parvenir, SKF, soutenu à hauteur de 2,5 millions d’euros par l’Etat, poursuit ses efforts. «7 millions d’euros sont investis dans l’isolation du bâtiment qui accueillera les nouvelles lignes et 3millions dans les panneaux photovoltaïques en 2026. A terme nous équiperons les autres bâtiments et continuons à améliorer la récupération de chaleur fatale», détaille Vincent Mégret.

Afin d’atteindre le Scope 3 de décarbonation, le groupe continue à avancer avec ses fournisseurs et clients, travaille sur sa supply chain et échange avec les sidérurgistes sur des pistes en «acier propre». «Pour répondre à ce défi ambitieux, nous avons besoin de l’engagement de tous, fournisseurs, clients comme distributeurs, pour garantir ce cercle vertueux!» conclut-il.

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