Connaissez-vous le yacon ? Il s’agit d’un tubercule (ou poire de terre) au pouvoir sucrant naturel cultivé en Amérique du Sud et encore assez méconnu en Europe. Pourtant, la start-up auvergnate Yacon&Co, créée en 2021 à Cusset, près de Vichy (Allier), s’est déjà positionnée sur ce marché. Elle est même devenue en trois ans la toute première entreprise à produire et commercialiser le yacon en France. «Ce superaliment est une alternative naturelle au sucre blanc. Il est deux fois moins calorique et son indice calorique est quatre fois plus bas. Une fois transformé il a l’apparence du sirop d’érable et le goût de miel», développe Raphaëlla Nolleau, 33 ans, cofondatrice de la start-up.
Dans leur usine de conditionnement installée à Cusset, sortent pour l’instant quelque 40 000 produits par mois, sous forme de sirops, de pâtes à tartiner ou même de carrés de chocolat. «Les consommateurs peuvent sucrer les pâtisseries, les yaourts, le thé et le café. Il faut avoir à l’esprit qu’en France, un enfant de 8ans aura consommé plus de sucre que ses grands-parents en toute une vie. C’est un vrai problème de santé publique», poursuit Raphaëlla Nolleau, elle-même intolérante au sucre. «50% des Français sont en surpoids. C’est un constat alarmant et il est urgent de trouver la solution au problème du sucre», plaide le troisième associé, Clément Poyade, originaire de l’Allier.
En trois ans, Yacon&Co a déjà trouvé son public. Présente dans plus de 600 magasins bio dont Naturalia et Biocoop partout en France, la start-up compte plus de 100 000 clients en ligne, connaît une croissance de 250% annuelle et emploie désormais 16 personnes, dont 5 à l’usine de Cusset. En un trimestre, l’entreprise bourbonnaise a réalisé trois fois son chiffre d’affaires de toute l’année 2023.
Ces derniers mois, les trois associés ont réussi à lever 1,7 million d’euros et convaincre des investisseurs de l’agroalimentaire comme Avelana, Cérélia, ou Global Food Group. Leur passage remarqué en février dans l’émission de M6 "Qui veut être mon associé" est venu compléter leur tour de table en remportant 250 000 euros supplémentaires. «Grâce à cet argent, nous pouvons financer notre usine de transformation au Pérou, le pays du yacon, pour produire 400 tonnes de sirop par an dès cette année et monter rapidement 40000 pots par semaine. L’objectif est de passer de 600 à 2000 enseignes bio en Europe est de devenir leader mondial du sirop de yacon», annonce Raphaëlla Nolleau.
Derrière le marché des particuliers, Yacon&Co vise surtout les géants de l’agroalimentaire très intéressés par les propriétés de ce tubercule. «D’ici cinq ans, ils devraient représenter 90% de notre clientèle».



