Les déchets de Stocamine ne reviendront pas à la surface. C’est ce qu’a annoncé le ministre de la Transition écologique Christophe Béchu le 19 septembre aux élus haut-rhinois réunis au ministère. Le confinement est présenté comme «la seule solution permettant de s’assurer que les déchets encore stockés au fond de la mine ne pourront pas contaminer la nappe d’Alsace située plus de 500 mètres au-dessus», précise le communiqué ministériel. C’est tout l’enjeu de ces 42 000 tonnes de déchets toxiques (arsenic, amiante, chrome…), enfouis depuis la fin des années 90 dans cette ancienne mine de potasse à Wittelsheim (Haut-Rhin), transformée en centre de stockage de déchets industriels. Le ministre annonce une reprise immédiate des travaux de confinement, pour une fin de travaux prévue en 2027. Il a présenté aux élus un plan «pour assurer la transparence du processus de confinement et de suivi de la mine confinée permettant de prévenir tout risque de pollution de la nappe».
Forte opposition locale
Les opposants au projet continuent à se mobiliser sur ce dossier qui, depuis une vingtaine d’années, oppose les solutions de déstockage partiel, complet et d’un confinement définitif des déchets. Le collectif Destocamine qui rassemble différentes associations environnementales marque dans un communiqué son indignation suite à cette décision et prévoit un rassemblement à Wittelsheim le samedi 23 septembre. Quelques jours avant l’annonce ministérielle, l’association Alsace Nature a déposé une plainte contre les Mines de potasse d’Alsace, gestionnaires du site. Elle pointe notamment le gestionnaire pour défaut d’entretien de la mine et lui reproche de présenter 2027 comme la date limite pour y réaliser des travaux, alors qu’il s’agit de la date de fin d’exploitation.
Réversibilité
Avec cette annonce, le ministre de la Transition écologique confirme la décision de la précédente ministre, Barbara Pompili, qui avait acté en janvier 2021 le confinement définitif des déchets dangereux. Le dossier a depuis connu des rebonds. Le tribunal administratif de Strasbourg a annulé, début 2023, l’arrêté préfectoral qui autorisait le confinement définitif. La commission de l’enquête publique menée en avril et mai 2023, tout en soulignant la forte opposition des habitants au projet, avait débouché sur un avis favorable au confinement.
Dans un communiqué, le président de la Collectivité européenne d’Alsace Frédéric Bierry indique que l’Etat promet, en parallèle de la décision du confinement immédiat, un plan de réversibilité dans quelques années, lorsque les solutions technologiques le rendront possible. Un engagement que le président de la collectivité souhaite voir inscrit «noir sur blanc, dans un document public». La réversibilité du confinement des déchets était prévue par l’Etat dès la création de Stocamine en 1997, sans pour autant avoir été mise en œuvre. L’arrêté préfectoral de cette nouvelle décision doit être signé avant la fin du mois et la venue de Christophe Béchu en Alsace pour la signature du plan qu’il a présenté aux élus locaux et annoncée pour les prochaines semaines.



