La filière aéronautique ne doit pas seulement produire en masse de nouveaux avions pour répondre à une demande toujours plus forte : elle doit aussi réparer et recycler les anciens appareils ! La société française Tarmac Aerosave en bénéficie.
Après avoir inauguré en avril 2022 un hall de 5500 m² dédié à la maintenance, au stockage et au recyclage de moteurs CFM56 et Leap, Tarmac Aerosave poursuit ses investissements pour un montant de 11 millions d’euros sur son site tarbais où est installé son siège social. Au programme : l’édification de quelque 2000 m² de nouveaux locaux pour agrandir un bâtiment logistique ainsi que pour accueillir les services administratifs (certains occupent aujourd'hui des bâtiments modulaires). L’extension des parkings est également intégrée à cette opération. Le tout devrait être livré en milieu d’année 2025.
Par ailleurs, concernant l’activité dédiée au stockage et à la réparation des moteurs qui a été lancée en 2012, un agrandissement de 2000 à 3000 m² est d’ores et déjà envisagé d’ici à 2026 pour accroître les capacités. «Nous stockons environ une centaine de moteurs à Tarbes. Nous assurons la maintenance ainsi que la surveillance constante des conditions comme l’hygrométrie», précise Alexandre Brun, le président de Tarmac Aerosave.
Leader européen avec plus de 50% de places de stockage pour les long-courriers, Tarmac Aerosave agrandit également son site de Teruel en Espagne avec l’aménagement en cours d’un nouvel hangar en métallo textile pouvant accueillir un A380, portant ainsi la capacité du site espagnol à cinq positions sous hangar, dont trois positions pour A380. L’entreprise, qui emploie au total 530 personnes, investit chaque année entre 5 et 15 millions d’euros.
Une centaine d’emplois à créer
JP.MOULET Détenue par Airbus, Safran Aircraft Engines et Suez, l’entreprise souffre actuellement d’un manque de main d’œuvre qualifiée. Pour y pallier, elle a engagé avec l’UIMM une réflexion en vue de créer une école à Tarbes. Dans ce cadre, un avion école A340 devrait être cédé à l’UIMM par Airbus. Ce centre de formation pourrait voir le jour en 2025. «Nous prévoyons d’embaucher cette année une centaine de personnes supplémentaires sur nos trois sites, à Tarbes, à Toulouse et à Teruel en Espagne. Nous faisons face à de réelles difficultés pour trouver des mécaniciens et des techniciens expérimentés.»
Développement en Chine et nouveaux partenariats
Au début de l'année 2024, Tarmac a mis un pied en Chine avec Airbus, à travers le nouveau centre de stockage et de maintenance d'avions de Chengdu : un investissement de plusieurs centaines de millions d’euros qui représentera à l’horizon 2030 environ 300 emplois. «Nous avons créé une coentreprise détenue à 70% par Airbus, à 20% par Tarmac Aerosave et à 10% par la ville de Chengdu. Nous sommes chargés de la mise en place industrielle du site et de former les opérationnels sur place.»
Par ailleurs, pour assurer ses prestations, Tarmac Aerosave, dont 60% des clients sont des loueurs et 40% des compagnies aériennes, travaille avec de nouveaux constructeurs et équipementiers. Elle vient de conclure un contrat de service avec le groupe Latécoère portant sur de la réparation structurelle. Un partenariat avec le constructeur franco-italien d’avions régionaux ATR a également été signé récemment. Il fait suite au démantèlement de 3 ATR en 2023. Il est question dans les années à venir de recycler 12 appareils (dont 4 en 2024) avec un taux de valorisation de plus de 85%. «Actuellement, environ 80% des avions stockés sont remis en service et les 20% restants sont recyclés. Il n’y a pas assez d’avions sur le marché. La tendance est de réutiliser des appareils dont nous ne pensions pas qu’ils allaient reprendre du service tels que des quadrimoteurs, notamment les A340», souligne le dirigeant.



