Malmené par la crise dans l'aéronautique et l'automobile, Catoire Semi, un sous-traitant d'une soixantaine de salariés, a saisi l'opportunité du plan de relance pour investir 1,5 million d'euros dans deux nouveaux robots de grande dimension dans son usine de Martizay (Indre). Les deux machines, un robot de métrologie de grandes dimensions, jusqu'à 6 mètres, et un robot de soudage et fabrication additive, sont inaugurées le 15 septembre. Une façon de tourner la page de la période Covid pour la dirigeante Laure Catoire Boissé et ses équipes. La PME a reçu le soutien du Fonds de modernisation de l'aéronautique.
Cette entreprise familiale spécialiste de la forge et de la fonderie répare et fabrique des outillages et des pièces pour Airbus, Renault, Stellantis et leurs équipementiers. Or, les outils de forge ou d’emboutissage s’usent. Pour retrouver les formes d’origine, ils sont rechargés avec des produits spécifiques, ce qui nécessite de préchauffer les outillages abimés à des températures comprises entre 300 et 400 degrés.
Catoire Semi Robot de métrologie de grandes dimensions installé sur le site de Catoire Semi à Martizay. © Catoire Semi
Un robot de soudure en fabrication additive
Pour améliorer cette étape, la PME souhaitait « l'automatiser depuis quinze ans. Jusqu’à aujourd’hui, les rechargements s’effectuaient manuellement et de moins en moins d’opérateurs ont envie d’effectuer cette tâche. On les comprend ! », dit Laure Catoire Boissé, qui a opté pour un robot sur-mesure Yaskawa, qui soude et apporte de la matière en fabrication additive.
Le cahier des charges a été élaboré avec l'aide du Cetim et confié à l'intégrateur Arkance. L’utilisateur travaille à partir du scan de la pièce à réparer et du fichier CAO (conception assisté par ordinateur) correspondant. Basées sur la comparaison entre ces deux fichiers, les trajectoires de soudure sont alors générées automatiquement. Des fils de matériaux sont apportés par un procédé de fusion laser, ce qui constitue une innovation, d'après le fournisseur des matériaux Voestalpine Bölher.
Fondée en 1958 à Sartrouville (Yvelines) par Georges Catoire, l’entreprise Catoire Semi emploie aujourd’hui 65 salariés à Martizay (Indre). Même si son chiffre d'affaires a reculé à 5 millions d'euros en 2021, la PME a conservé son effectif. Ce qui lui permet d'envisager un rebond autour de 6,5 voire 7 millions d'euros en 2022. Elle avait investi 6,5 millions d'euros en 2018 dans le doublement de sa surface.



