Viser une décarbonation maximale. C’est l’objectif de l’association "COB30" qui réunit Alsachimie, LAT Nitrogen (anciennement Borealis), Butachimie, B+T et Linde France, Mulhouse Alsace agglomération et GRTGaz. Trois de leurs usines implantées près de Mulhouse (Haut-Rhin) sont classées parmi les 50 sites industriels les plus émetteurs de CO2 en France. Les entreprises ainsi réunies veulent trouver des solutions mutualisées pour réduire leurs émissions tout en maintenant leur compétitivité.
Capture de carbone, électrification des procédés, pompes à chaleur électriques, biogaz, biomasse, toutes les solutions sont étudiées par le groupement. Les industriels se penchent aussi sur l’utilisation de la chaleur fatale. «Nous envisageons des échanges thermiques entre tous les acteurs», explique Frédéric Fournet, directeur général d’Alsachimie et président de COB30. Les calories basses températures, peu ou pas valorisables dans la production, pourraient alimenter le réseau de chaleur de l’agglomération.
La collectivité a en effet voté en début d’année 2023 un projet d’extension de son réseau de chaleur de 150 millions d’euros. L’installation pourrait être prolongée d’une longueur exceptionnelle de 50 kilomètres, pour rejoindre, à l’est de Mulhouse, près de la bande rhénane, les entreprises réunies au sein de COB30, ainsi que le verrier Euroglas. L’usine automobile Stellantis, située sur le trajet de ce nouveau réseau qui est encore à l’étude, pourrait l’utiliser pour sa production.
Du lithium dans les sous-sols
Le constructeur automobile cherche lui aussi des pistes pour décarboner son activité. Il a annoncé au printemps un accord avec la start-up minière australienne Vulcan Energy pour développer un projet de géothermie, qui vise à la fois à fournir l’usine en énergie et à extraire du lithium pour ses batteries électriques.
L’Alsace fait en effet partie des zones en France, avec l’Allier, la Haute-Vienne, la Bretagne, dont le sous-sol recèle des gisements. Plusieurs entreprises ont des projets de production industrielle de lithium au nord de Strasbourg, à différents stades d’avancement. Electricité de Strasbourg (ES) exploite déjà deux centrales géothermiques. Lithium de France (qui appartient à l’énergéticien Arverne) a levé 44 millions d’euros au printemps pour faire avancer son projet d’industrialisation. La PME Geolith, située à Schiltigheim près de Strasbourg, a quant à elle développé une technologie qui intéresse les producteurs de lithium, puisqu’elle fabrique des filtres pour extraire le métal des saumures géothermales.



