La fonderie de l’usine Stellantis de Mulhouse (Haut-Rhin) a décroché un marché de fabrication des carters en aluminium sous pression de moteurs électriques. A partir de 2026, la production représentera la moitié de la capacité productive de la fonderie. «C’est un point essentiel. Aujourd’hui l’activité est à 100% dédiée à la production pour les moteurs thermiques et il est crucial d’avoir de nouveaux projets», souligne Stéphane Dubray, directeur du pôle mécanique forge et fonderie de Mulhouse. L’équipe de conception et de R&D a travaillé pendant un an pour se positionner sur le projet, notamment en produisant un moule et un prototype de carter, appuie le directeur. «Nous étions en compétition avec d’autres groupes au niveau mondial», reprend-il.
Ces carters électriques sont destinés à une nouvelle famille de petits véhicules que la marque annonce vouloir lancer à partir de 2026, sans donner plus de précisions. Le directeur de la fonderie de Mulhouse, qui emploie environ 500 salariés avec l’atelier d’outillage, indique vouloir chercher d’autres projets électriques pour saturer l’outil de production.
Des savoir-faire à préserver
Si cette nouvelle production ne va pas générer d'emplois supplémentaires, l’objectif est de ne pas en perdre. «C’était une attente forte, c’est une bonne nouvelle pour les salariés, et pour l’usine, jusque-là exclusivement dédiée au thermique. Il faudra bien sûr de la formation et de l’accompagnement», avance Ronald Laventin, élu CFDT au CSE de Stellantis Mulhouse. «Il y aura une formation sur le produit, mais notre métier reste globalement le même. C’est une transformation dans la continuité, notre savoir-faire reste totalement mobilisable pour fabriquer des carters électriques», commente Stéphane Dubray.
La production de carters pour les moteurs thermiques va progressivement baisser ces prochaines années, pour laisser la place aux carters électriques. En parallèle, le site de mécanique de l’usine de Mulhouse va bientôt produire des packs batteries. Ces nouveaux contrats rentrent dans la stratégie globale du groupe automobile, qui a l’objectif de passer l’ensemble de sa production de véhicules particuliers (VP) en électrique en 2030. Le site Stellantis de Mulhouse, qui emploie près de 5 000 salariés, produit aujourd’hui la e-308 et lancera bientôt l’industrialisation de la e-408.



