Un avenir se dessine pour le site Recipharm de Monts en Indre-et-Loire. Menacé de fermeture depuis le 21 novembre, et épinglé par l’Etat suite aux aides publiques injectées pour y produire les vaccins anti-Covid Moderna (15 millions d’euros), il devrait être repris. Les 222 salariés attendent dans les prochains jours la signature définitive d’une offre de reprise présentée par le groupe marocain Laprophan à la direction du groupe suédois (1 milliard d’euros de chiffre d’affaires, 9 000 salariés).
«Leur offre a été acceptée par Recipharm, ce qui est une très bonne nouvelle car le laboratoire Laprophan s’engage à reprendre l’ensemble du site avec maintien de tous les emplois, ainsi que des garanties sur les conditions de travail et les salaires», précise à L’Usine Nouvelle Michaël Montajol, secrétaire du CSE et représentant FO.
Pour autant, «nous attendons pour déboucher le champagne car les négociations entre le repreneur et notre principal client ne sont pas encore terminées», ajoute-t-il. L’annonce du projet a été faite aux salariés le lundi 8 avril, à l’heure où l’ANSM débutait son inspection sur le site de Monts, spécialisé dans le remplissage et le conditionnement de produits injectables. Les équipes de Laprophan rencontrent actuellement les représentants du personnel, ainsi que les acteurs économiques et politiques du département.
Une clause suspensive avant la reprise totale du site
Parmi les étapes du projet de reprise mentionnées par mail aux 222 salariés, figure «la finalisation au plus tôt d’un accord client portant sur le maintien du contrat ainsi que les volumes et prix futurs». Il s’agit, comme le confirme Michaël Montajol à L’Usine Nouvelle, «du client principal du laboratoire qui représente 80% de notre activité, avec qui Laprophan souhaite négocier des volumes suffisants et un prix revu à la hausse qui assure une pérennité à trois ans». Pour autant, «nous avons eu accès à leurs demandes, elles sont raisonnables. Nous avons bon espoir», ajoute le secrétaire CSE. De source interne, le laboratoire Laprophan est en effet en négociation avec son principal client, Aspen, pour garantir trois ans de production à un meilleur prix.
Pionnier de l’industrie pharmaceutique marocaine, fondé en 1949 et employant plus de 860 personnes, Laprophan propose en sous-traitance ou en marque propre plus de 400 spécialités, notamment des anesthésiques, des antalgiques et des antibiotiques. Ce laboratoire s’appuie sur une unité de production de 23 000 m² à Casablanca et réalise environ 120 millions d’euros de chiffre d’affaires. Laprophan a acquis récemment son confrère Pharma de Saham (ex Saham Pharma) afin de former un groupe diversifié au Maroc et en Afrique.
La validation de la reprise serait un véritable soulagement pour les salariés et les acteurs économiques de Touraine, après des semaines d'incertitudes. La dernière offre présentée en février dernier par Astrea Pharma s’était soldée par un échec.



