Le Royaume-Uni grille la priorité aux Etats-Unis pour le vaccin anti-Covid de Pfizer et BioNTech

Le vaccin anti-Covid-19 mis au point par Pfizer et BioNTech vient d’être approuvé au Royaume-Uni. Cette toute première autorisation dans le monde ouvre la voie à une mise à disposition de doses commerciales dès la semaine prochaine, avant même le marché américain. Elles proviendront de l’usine belge de Pfizer.

Réservé aux abonnés
Pfizer recherche vaccin
Le Royaume-Uni est le premier pays au monde, devant les Etats-Unis, à autoriser le vaccin anti-Covid de Pfizer et BioNTech.

Les Etats-Unis se sont fait griller la politesse. Le Royaume-Uni sera le premier pays à disposer du vaccin anti-Covid-19 mis au point par Pfizer et BioNTech. La Medicines & Healthcare Products Regulatory Agency (MHRA), autorité sanitaire britannique, a donné son feu vert le 2 décembre pour l’utilisation de ce vaccin dans le cadre d’une autorisation temporaire d’urgence. En conséquence, le vaccin devrait être disponible sur le sol britannique "dès la semaine prochaine", a annoncé le gouvernement le 2 décembre.

40 millions de doses pré-commandées au Royaume-Uni

Pfizer et BioNTech "entreprennent dès maintenant les actions nécessaires à la livraison des doses de vaccins", ont indiqué les deux sociétés dans un communiqué. Les premières doses seront ainsi disponibles au Royaume-Uni dans les "prochains jours, avec une livraison intégrale en 2021". Le Royaume-Uni a pré-commandé au total 40 millions de doses de ce vaccin. La commande initiale de 30 millions de doses contractée en juillet avait été revue à la hausse en octobre.

Le gouvernement britannique précise qu’il obtiendra très rapidement les recommandations de son Comité sur les vaccinations et les immunisations afin de déterminer les populations à qui ces premières doses seront attribuées. Ce qui devrait concerner en priorité les résidents de maisons de retraite, les professionnels de santé, des personnes âgées ou des personnes très vulnérables.

Capacités de 1,3 milliard en 2021

Pfizer et BioNTech ont prévu d’être en capacité de livrer 50 millions de doses de leur vaccin dès cette année, avant d’atteindre 1,3 milliard d’ici la fin 2021. Les 40 millions de doses commandées pour le marché britannique seront écoulées progressivement et en fonction des autres commandes contractées dans le monde, précisent les deux laboratoires. Les Etats-Unis ont notamment commandé 100 millions de doses, l’UE en a réservé 200 millions avec une option sur 100 millions supplémentaires.

Les doses britanniques produites en Belgique

Les premières doses pour le marché britannique seront issues des lignes de production de Pfizer depuis son site de Puurs, en Belgique, une de ses plus grandes usines au monde pour la fabrication de médicaments injectables stériles, donc notamment de vaccins. Ce site belge servira d’ailleurs de base principale de production pour le marché européen mais aussi de site d’appui pour les livraisons pour le marché américain. Il se pose ainsi comme site de soutien à la vaste usine américaine de Pfizer à Kalamazoo, dans le Michigan.

Le vaccin produit aussi en Allemagne et en France

BioNTech produira aussi en Europe. Ses sites de Mainz et d’Idar-Oberstein, en Allemagne, qui ont déjà produit des doses de vaccins pour les essais cliniques, fabriqueront aussi des doses commerciales, et un troisième site de production en Allemagne sera mis en service en 2021. Par ailleurs, BioNTech et Pfizer s’appuieront sur le sous-traitant pharmaceutique français Delpharm à partir d’avril 2021 pour le remplissage et le conditionnement de doses de ce vaccin anti-Covid-19.

Multiples autorisations imminentes

Aux Etats-Unis, Pfizer et BioNTech ont soumis une demande d’autorisation d’urgence dès le 20 novembre, pour une utilisation potentielle chez les personnes les plus vulnérables. L’autorisation de la FDA, l’autorité sanitaire américaine, est attendue dans les prochains jours. Les deux laboratoires tablent sur des mises à disposition de doses entre mi-décembre et fin décembre. D’autres autorisations sont attendues dans les prochains jours et semaines. Une demande de commercialisation conditionnelle a été déposée auprès de l’Agence européenne du médicament (EMA) le 30 novembre, avec un possible feu vert avant la fin de l’année. D’autres demandes d’autorisation ont été déposées notamment au Japon, au Canada et en Australie.

Newsletter La Quotidienne
Nos journalistes sélectionnent pour vous les articles essentiels de votre secteur.