La quatrième tentative a été la bonne pour la fusée géante Starship de SpaceX. Après son décollage depuis la base spatiale de Boca Chica dans le Texas ce 6 juin, la fusée a atteint l’espace et surtout... elle est revenue sur Terre. La fusée a effectué un amerrissage dans l’océan Indien tandis que le premier étage est revenu de manière contrôlée dans le golfe du Mexique. Après un suspens intense qui a duré un peu plus d'une heure, le patron de SpaceX Elon Musk, visiblement soulagé et souriant, a félicité ses équipes avec lesquelles il était présent dans le centre de contrôle.
Cette fois-ci pas d’explosion en vol spectaculaire ni de pas de tir détruit comme cela était arrivé lors des précédentes tentatives. La fusée XXL haute de plus de 120 mètres a décollé ce jeudi 6 juin à 7h50 de la base spatiale de Boca Chica. Soit avec 50 minutes de retard sur l’horaire initial. Un délai toutefois compatible avec la fenêtre de tir de deux heures dont disposait SpaceX pour son test.
Sur les 33 moteurs-fusée Raptor, 32 se sont allumés pour propulser le vaisseau dans le ciel. Au bout de 20 secondes, la fusée fonçait déjà à 300 km/h ; au bout d’une minute à 1000 km/h et 2000 km/h après moins d’une centaine de secondes atteignant alors une altitude de 20 km.
Avec ce quatrième test, Space X semble avoir atteint son principal objectif : démontrer que sa fusée géante pouvait être réutilisable en récupérant ses principaux étages. Après environ trois minutes de vol, le premier étage Super Heavy s’est détaché. Il a entamé alors une descente contrôlée afin d’effectuer un retour dans le Golfe du Mexique.

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une rentrée atmosphérique délicate
La fusée Starship poursuivait son ascension pour atteindre l’espace. Elle a entamé son retour environ après une quarantaine de minutes de vol. La rentrée atmosphérique a été une phase éminemment critique à cause de la chaleur qui s’est accumulée sur le fuselage de l’appareil. Pour cela, la fusée disposait d’un bouclier thermique composé de 18000 tuiles hexagonales posées sur sa partie ventrale. Les images de la retransmission vidéo prises par des caméras embarquées ont toutefois montré la désintégration de différents éléments du vaisseau sans qu’il soit toutefois possible d’avoir une idée de l’étendue des dégâts. Cela n’a pas empêché Starship de poursuivre sa descente. Pour freiner et contrôler son allure et sa position, l’étage supérieur a rallumé ses moteurs. La fusée a pu ainsi amerrir de manière contrôlée dans l’océan Indien.
Ce succès du quatrième test du Starship couronne la méthode SpaceX : le développement itératif. «Elle consiste à réduire la phase de conception pour aboutir très rapidement à un prototype, qui est ensuite testé en vol. L’échec est attendu et accepté, les leçons des vols précédents nourrissant la réflexion sur la conception du lanceur, explique Paul Whorer, chercheur spécialisé dans les questions spatiales à l’IFRI ("Starship, une rupture pour le secteur spatial", mars 2024). Ce type de développement brouille la frontière entre succès et échec, la progression étant généralement considérée comme plus importante que la réussite de toutes les phases du test». Soit une méthode radicalement différente de ce qui se fait traditionnellement dans le secteur spatial où tout doit fonctionner dès le premier coup, au prix de sur-spécifications et de vérifications aussi longues qu'onéreuses.
Un développement itératif
SpaceX apprend de ses échecs pour mettre au point ses vaisseaux. Notamment en récupérant et en exploitant les précieuses données produites lors des différentes tentatives. Une méthode industrialisée qu’Elon Musk a mis en oeuvre que ce soit pour développer sa fusée Falcon9 pour mettre des satellites en orbite, ou encore sa capsule de transport d’équipage Crew Dragon, et dernièrement sa fusée lourde Starship. «Nous continuons à développer rapidement Starship, en plaçant le matériel de vol dans un environnement de vol pour apprendre le plus rapidement possible, tandis que nous construisons un système de transport entièrement réutilisable conçu pour transporter l'équipage et le fret vers l'orbite terrestre, la Lune, Mars et au-delà», explique SpaceX sur son Internet.
La comparaison avec ses concurrents semble lui donner raison. Sa fusée réutilisable, Falcon9, décolle jusqu’à deux fois par semaine, affichant une fiabilité à faire pâlir ses concurrents.
Toutefois le modèle de développement de SpaceX a également des contraintes. «Il requiert la capacité de produire un grand nombre de prototypes, engendrant des besoins en capitaux importants», précise encore Paul Whorer, de l’ IFRI.
La fusée Starship n’est pas qu’une rupture technologique. Elle est aussi économique. Avec un telle fusée capable d’embarquer jusqu’à 100 tonnes de charge utile, soit environ 10 fois plus qu’une fusée Ariane 5, SpaceX promet également de baisser drastiquement le coût du kilogramme envoyé en orbite. La révolution Starship ne fait que démarrer.



