Demi-échec ou demi-succès pour le premier tir de la fusée géante Starship de SpaceX ? Selon les images retransmises par la société, tout ne s’est pas passé comme prévu pour le premier test de la mégafusée d’Elon Musk qui s'est terminé par une explosion en plein vol. Tout avait pourtant bien démarré. Après un report de quelques minutes, vers 08h35 (15h35 heure de Paris), la fusée Starship a bien décollé depuis la base spatiale Starbase dans le Texas aux Etats-Unis.
Grâce à ses 33 moteurs Raptor, le lanceur le plus puissant jamais conçu s’est arraché à la gravité terrestre dans un impressionnant panache de fumée et de flammes. Durant les trois premières minutes de vol, l'engin n’a cessé de gagner en vitesse. Au bout d’une minute trente, la fusée dépassait les 1000 km/heure. Au bout de deux minutes, elle était déjà à plus de 20 km d’altitude à plus de 1500 km/heure.
C’est ensuite que les choses se sont gâtées, au moment critique de la séparation des étages. Au bout de trois minutes, Falcon Heavy aurait dû se séparer de l’étage supérieur Starship. Las pour SpaceX, la séparation n’a jamais eu lieu. Cela a entrainé l’explosion du lanceur en plein vol 4 minutes après son décollage. L’étage supérieur Starship, qui aurait dû faire un tour de la Terre en une heure environ, n’a donc pu accomplir sa mission. C’est cet étage qui doit transporter à terme des équipages et du cargo en direction de la Lune puis de Mars.
Elon Musk, désabusé mais pas abattu
Présent dans la salle de commande avec ses équipes, Elon Musk affichait un visage légèrement désabusé mais loin d’être abattu. Les jours qui ont précédé l'essai, le patron de SpaceX avait largement prévenu sur la probabilité d’échec de ce premier tir. Il pourrait même se satisfaire que le pire ne soit pas arrivé. Il craignait avant tout que la fusée n’explose sur son pas de tir ! Ce qui aurait occasionné des dégâts considérables et sûrement causé la destruction de la tour du lanceur, haute de plus de 146 mètres.

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SpaceX s’en remettra-t-il ? Sûrement. La société a montré plusieurs fois par le passé qu’un échec était seulement un pas vers des succès futurs. Au mitan des années 2010, la mise au point des lanceurs Falcon 9, concurrent d’Ariane 5, avait pris du temps et donné lieu à des explosions spectaculaires. Aujourd’hui, c’est la seule fusée réutilisable au monde. Avec une cadence infernale de tirs, le lanceur Falcon 9 domine de la tête et des épaules le marché des lancements.
Des précieuses données collectées
Le défi pour faire voler Starship n’est reste pas moindre. Il s’agit de la fusée la plus puissante jamais conçue. Elle doit rendre possible la mise sur orbite plus de 100 tonnes de charge utile en orbite basse, à comparer aux 20 tonnes d’Ariane 5. Elle est également deux fois plus puissante que la fusée SLS de NASA qui doit emmener les astronautes vers la Lune. Malgré l’explosion de Starship, les salariés de SpaceX ont tout de même pu collecter des données précieuses durant les quatre premières minutes de vol. La société d’Elon Musk avait d’ailleurs prévenu avant le vol : «Avec un test comme celui-ci, le succès est mesuré par ce que nous pouvons apprendre, ce qui informera et améliorera la probabilité de succès à l'avenir alors que SpaceX fait progresser rapidement le développement de Starship ». Les ingénieurs de SpaceX devront analyser les données recueillies pour établir la cause de l’échec avant d’annoncer une nouvelle date de lancement. Ce sera "dans les prochains mois", a annoncé Elon Musk dans un tweet, tout en félicitant ses équipes.
Le replay de la mission :



