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Le ralentissement, c'est maintenant

Le ralentissement du secteur automobile et les incertitudes liées à l’épidémie de Covid-19 font craindre une baisse d’activité quasi généralisée cette année.

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Plasturgie

Dernière danse

Avec une croissance de 1,5 % en 2019, le secteur de la plasturgie enregistre "une année correcte", selon Jean Martin, le délégué général de la Fédération de la plasturgie et des composites. "Seul le secteur de l’automobile commence à ressentir une baisse de son activité", note-t-il. Cette année marque pourtant la fin d’une décennie faste, qui affichait une croissance annuelle moyenne de 2,5 % depuis la crise de 2008. En cause, la morosité du secteur automobile et la loi économie circulaire, votée en 2019. "Certains donneurs d’ordres anticipent déjà l’interdiction des emballages à usage unique prévue pour 2040, précise Jean Martin. Nous nous attendons à une diminution prochaine de la consommation de plastique, sans pouvoir l’anticiper." Incertitude à laquelle s’ajoutent, en ce début d’année, les répercussions de l’épidémie de Covid-19. "Les secteurs qui travaillent directement en flux tendu avec la Chine commencent déjà à subir des ruptures de stock", regrette le délégué général. Difficile, donc, de prévoir une année 2020 à la hauteur de la décennie précédente.

 

Forge, estampage, matriçage 

Conjoncture dégradée

Déjà en léger recul l’an passé, le chiffre d’affaires de la forge baisse d’environ 3 % en 2019. Une dégradation qui s’explique surtout par les difficultés du secteur automobile, qui représente 70 % des débouchés du secteur, ainsi que par le ralentissement de la croissance dans la mécanique. Les fabricants estiment que la tendance à la baisse devrait perdurer en 2020 alors que le secteur peine à trouver des marchés de substitution face à la perte de vitesse des véhicules diesel et essence.

 

Moules et prototypes

Fléchissement tendanciel

Le ralentissement du secteur des moules et prototypes continue. Après une baisse de 5 % d’activité en 2018, les pertes grimpent à 7 % en 2019. Une chute de l’activité entraînée par celle du secteur automobile, qui devrait se poursuivre. La Fédération des industries mécaniques anticipe une tendance "moins favorable" pour 2020.

 

Ressorts

Récession à venir ?

Les fabricants de ressorts estiment que leur chiffre d’affaires a quasiment stagné en 2019. Hormis l’aéronautique, l’ensemble des secteurs consommateurs de ressorts – au premier rang desquels l’automobile, l’électrique et la pharmacie – ont ralenti. "Nous avons connu un ralentissement violent en fin d’année et, depuis le début 2020, nous connaissons des baisses proches des 5 % sans même prendre en compte l’impact du Covid-19", alerte Antoine Serafini, le président de la FIM ressorts. À court terme, la profession ne voit aucune porte de sortie.

 

Chaudronnerie

Horizon dégagé

"L’année 2019 a été bien meilleure que 2018", observe Yolande Bufquin, la secrétaire générale du Syndicat national de la chaudronnerie, tuyauterie et maintenance industrielle. Portée par l’agroalimentaire et la chimie, l’exercice 2020 devrait être positif. "Les commandes sont également revenues dans le secteur nucléaire, avec des projets de maintenance, se réjouit la secrétaire générale. Nos membres ont une meilleure visibilité pour l’année qui arrive, avec des carnets de commandes qui s’étendent à trois, voire douze mois pour certains." Une demande forte qui va exacerber le manque récurrent de personnel. "L’inquiétude est toujours de faire face à la demande, déplore Yolande Bufquin. Cela va être le plan d’action majeur de la profession cette année : sensibiliser les jeunes et développer des formations modulaires en plus des formations initiales longue durée."

 

Décolletage

Réinvention nécessaire

Après trois années de croissance, la filière marque le pas et devrait voir son chiffre d’affaires diminuer de 5 % en 2019. "Deux secteurs sont à la peine : l’automobile, qui représente la moitié de notre chiffre d’affaires et qui devrait baisser de 15 à 20 % en 2019, et les biens d’équipement, pour lesquels le dernier trimestre a été très mauvais", explique le directeur du syndicat national du décolletage (SNDEC), Maxime Thonnerieux. Contrairement à l’exercice précédent, la montée de l’aéronautique et de ses équipements sportifs n’ont pas pu compenser ces pertes. Pour l’année à venir, le SNDEC pointe une visibilité très faible pour la profession, des séries plus courtes, et les difficultés apportée par l’arrivée de l’automobile électrique, bien moins consommatrice de pièces usinées que sa cousine thermique. Alors que de nouvelles normes antipollution entrent en vigueur, 2020 devrait être une nouvelle "année zéro" pour la diversification et la réinvention du secteur.

 

Caoutchouc

L’inquiétude règne


Le secteur du caoutchouc, dont l’activité dépend largement du secteur automobile, est resté stable en 2019 : son chiffre d’affaires est passé de 11,9?milliards à 12?milliards d’euros. Mais cela ne devrait pas durer. "Les perspectives pour 2020 sont mauvaises", s’inquiète Bruno?Muret, le directeur économie et communication du syndicat professionnel du secteur. La faute à une baisse de volume de la construction automobile attendue, à l’électrification des véhicules et à la pression concurrentielle croissante. "Compte tenu de la conjoncture, les éléments d’inquiétude l’emportent sur l’optimiste, assure Bruno?Muret. Surtout avec le choc sanitaire international actuel."

 

Fonderie

Ternes perspectives

Mauvaise année pour la fonderie, dont le chiffre d’affaires et les volumes ont perdu 4 % par rapport à l’exercice précédent. La fonderie a pâti des déboires de la production automobile, qui représente près de la moitié de son activité. La mécanique et le bâtiment n’ont pu compenser la tendance, accentuée par le ralentissement du marché allemand. Alors qu’en 2018, la fonderie de métaux ferreux parvenait à sortir son épingle du jeu, en 2019, la diminution de l’activité touche la fonderie de tous les métaux, ferreux et non ferreux. "Les fonderies automobiles dégagent des marges faibles en raison des politiques de prix des clients et leurs capacités financières restreintes compliquent leur reconversion ", pointe Wilfrid Boyault, directeur général de la Fédération forge fonderie. Selon ses prévisions, la conjoncture atone devrait se poursuivre en 2020... et accentuer la fonte du chiffre d’activité des fonderies françaises.

 

Frappe à froid fixations

La résistance faiblit

L’an passé, l’activité du secteur des fixations, principalement dominé par la frappe à froid, est restée stable par rapport à l’exercice précédent. L’automobile, qui représente la moitié du chiffre d’affaires, a été déterminante. « Le début de l’année 2019 a été difficile et nous nous attendions à une année en retrait au niveau de l’automobile. Mais finalement, le quatrième trimestre a été meilleur que prévu », retrace Laurence?Chérillat, la déléguée générale d’Artema, le syndicat des industriels de la mécatronique. Pour faire face à la variabilité des commandes, les fournisseurs de fixations cherchent à proposer des solutions à plus forte valeur ajoutée. Si l’on considère le début de cette année, les fixations semblent résister, portées comme cette année par le bâtiment et l’aéronautique. Mais le manque de visibilité, la guerre commerciale sino-américaine et le Covid-19 inquiètent les industriels du secteur, qui anticipent d’ores et déjà un bilan à la baisse.

Traitements de surface 

Accumulation de Turbulences

Légère baisse d’activité globale (- 1 %) dans les traitements de surface entre?2018 et?2019. Et cette tendance devrait perdurer. "Nous espérions rester stables en 2020, mais nous commençons déjà à ressentir le ralentissement de l’automobile qui s’annonce", remarque Anne-Sophie?Maze, la déléguée générale de l’Union des industries des technologies des surfaces. À cela s’ajoutent les répercussions de l’arrêt de la production du Boeing 737 MAX, mais aussi le contrecoup de la concurrence dans le luxe. "Ce secteur est très concurrencé par des pays comme l’Italie et l’Espagne", prévient la déléguée générale. Une accumulation de turbulences qui devrait ralentir le secteur cette année.

 

Mécanique industrielle

Bonne santé

"Le secteur s’est plutôt bien porté en 2019, estime Fabrice Chevaleyre, le délégué général de l’Amics, le syndicat professionnel de la mécanique industrielle. Cela grâce à la bonne santé des têtes de filières et à la reprise des investissements des entreprises. " Cette année, saluée par un chiffre d’affaires de 7,7 milliards d’euros (en hausse de 5 % par rapport à 2018), permet d’aborder 2020 sereinement. Malgré l’incertitude soulevée par l’épidémie de Covid-19. Selon le délégué général, le secteur devrait bénéficier de l’électrification du secteur automobile, qui va engendrer une hausse des commandes de prototypes, mais aussi de la fusion d’Alstom et Bombardier. Un horizon qui permet d’envisager sereinement le développement du secteur. "Nous allons poursuivre nos axes de recherche, à fond sur l’industrie 4.0, l’environnement et la formation, prévient Fabrice Chevaleyre. Nous allons développer l’usinage assisté par cryogénie, le compactage des copeaux – qui pourrait nous faire économiser jusqu’à 57 millions de litres de gasoil par an – et la sensibilisation des jeunes à l’industrie." Autant de projets qui permettront au secteur de conserver sa bonne santé.

 

Découpage emboutissage

Peur sur le recrutement

Le chiffre d’affaires du découpage et de l’emboutissage a perdu 1,2 % par rapport à 2018 estime la Fédération du travail des métaux en feuille (Fimmef). En cause : une baisse des prix de marché et des marges des découpeurs et emboutisseurs et l’impact du ralentissement du secteur automobile. Au contraire, l’année 2020 semble pour l’instant démarrer "un petit peu mieux", selon la Fimmef. Mais c’est sans compter sur la menace du Covid-19, les tensions commerciales et la hausse du prix des matières premières. Dans les années à venir, le secteur pourrait être dopé par la construction des batteries de véhicules électriques et par l’emboutissage d’aluminium, utilisé pour alléger les voitures. Mais alors que nombre de ses salariés expérimentés partent à la retraite, la Fimmef alerte sur les problèmes de recrutements du secteur, qui ne parvient plus à attirer.

 

Électronique

Fin de pénurie

La filière électronique a connu une bonne nouvelle en 2019 : la fin de la pénurie de composants. "En 2017 et 2018, les délais de livraison pouvaient atteindre 12, voire 24 mois, rappelle Éric Burnotte, le président du Syndicat national des entreprises de sous-traitance électronique. La situation s’est détendue en 2019." Résultat, une croissance annuelle "plutôt plate", avec une légère baisse dans l’électronique industrielle (- 5 %) compensée par une hausse dans l’automobile et l’aéronautique. Mais l’année 2020 démarre dans l’incertitude. La faute en est à l’épidémie de Covid-19, rappelle le président : "Nous sommes très dépendants de la Chine, notamment pour l’approvisionnement des circuits imprimés."

 

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