Le tribunal de commerce de Dijon a reçu une unique offre de reprise pour le fabricant de tunneliers et d’engins de manutention Metalliance basé à Saint-Vallier (Saône-et-Loire). Placée en procédure de sauvegarde depuis le mois de janvier, l’entreprise compte 174 salariés.
Le projet de reprise, porté par un consortium franco-américain représenté par le français Steve Filipov, prévoit de maintenir 145 emplois. «Nous avons fait une offre de rachat à 10 millions d’euros et nous avons réévalué le nombre de salariés maintenus pour passer de 130 à 145 après avoir échangé avec le CSE. Nous allons réorganiser la production et fusionner certains postes», précise l’homme d’affaires. Le tribunal devrait se prononcer avant le 31 juillet.
Steve Filipov connait déjà l'entreprise Metalliance. Avant de passer quatre ans chez Manitex International, fabricant mondial d'équipements industriels et de levage spécialisés, il avait été amené à opérer le rachat du même site en 1995 pour le compte de Terex Corporation, fabricant mondial d'équipements de construction et d'équipements portuaires. «Je l’ai gardé 17 ans. Je connais le site, les équipes», assure-t-il.
Une alliance franco-américaine
Pour porter le projet de rachat, un consortium s’est regroupé sous le holding Corail-SM, filiale française du fonds américain Coral Reef. A bord se trouvent Sandton Capital, autre fonds américain, ainsi qu’un industriel d'outre-Atlantique : Mining Equipment. «Il s’agit du concessionnaire actuel de Metalliance. Nous compterons aussi au capital l’entreprise Novium basée à Montceau-les-Mines (Saône-et-Loire) qui évolue également dans le rail et la route avec une clientèle similaire», détaille le représentant, avant de préciser que le lyonnais Blyyd (Rhône) fait également partie du projet. «Ils ont un parc de 140 tracteurs électriques Gaussin pour lesquels nous assurerons l’assemblage et le reconditionnement sur le site de Metalliance.»
Des ambitions élevées
Affichant sa confiance sur l'acceptation de son offre par le tribunal, Steeve Filipov espère relancer le site rapidement. «Nous devons redémarrer la production pour le marché du souterrain car nous avons 50 millions d’euros de commandes à honorer pour plusieurs clients. Nous allons réinjecter du capital pour acheter les composants manquants et investir dans les machines nécessaires pour l’activité.»
A plus long terme, le repreneur potentiel souhaite profiter de l'engagement de l’américain Mining Equipment pour gagner en visibilité. «J’estime que nous avons entre 15 et 20 millions d’euros de commandes à venir sur trois ans», souligne Steve Filipov. Des synergies sont aussi envisagées avec Blyyd sur la mobilité décarbonée, au-delà des activités de rétrofit envisagées. «Nous développons un camion électrique que nous lancerons en 2025», avance-il.
De son côté, le groupe Gaussin, actuel actionnaire majoritaire de Metalliance, mais en conflit ouvert avec ses dirigeants actuels, a manifesté son hostilité vis-à-vis de cette offre de reprise qualifiée dans un communiqué de "captation ou détournement des savoir-faire". Il souhaite pouvoir racheter le stock de pièces du site, destinées à ses propres productions, à hauteur de trois millions d’euros. Des salariés de Gaussin SA étaient présents devant le tribunal ce 17 juillet.



