Le premier supercalculateur exaflopique au monde est américain

Avec une puissance de calcul de 1,1 exaflops, le nouveau supercalculateur Frontier fait des Etats-Unis le premier pays au monde à entrer dans l’ère du calcul exaflopique. Construit par HPE, il équipe l’un des laboratoires du ministère américain de l’énergie. Il consacre la domination historique du pays dans le calcul intensif.

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Frontier, le supercalculateur de l'Oak Ridge National Laboratory
Le supercalculateur Frontier installé à l'Oak Ridge National Laboratory.

Les Etats-Unis remportent la course au calcul exaflopique. Leur nouveau supercalculateur Frontier affiche une puissance de calcul de 1,1 exaflops (1 exaflops équivaut à 1 milliard de milliards d’opérations en virgule flottante par seconde) selon le test de référence HPL. Il est le premier au monde à franchir le seuil de l’exaflops et s’impose comme le nouveau supercalculateur le plus puissant au monde selon le Top 500, le classement des 500 supercalculateurs les plus puissants de la planète publié le 30 mai 2022.

Le supercalculateur, qui occupait auparavant la tête du classement, est le Fugaku équipant le centre de recherche Riken, au Japon. Construit par Fujitsu, il offre une puissance de calcul de 442 petaflops (1 petaflops équivaut à 1 million de milliards d’opérations en virgule flottante).

Investissement de 600 millions de dollars

Le projet Frontier a été lancé en 2019 pour un investissement d’environ 600 millions de dollars avec l’objectif d’atteindre une puissance de calcul crête autour de 1,5 exaflops. Le contrat a été confié à Cray, un constructeur racheté peu de temps après par HPE. La machine a été installée à la fin de 2021 à l’Oak Ridge National Laboratory, l’un des centres de recherche du ministère américain de l’énergie. Sa mise en service complète est prévue pour janvier 2023.

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Avec cette machine, les Etats-Unis ne se contentent pas de reprendre la tête du Top 500. Ils confortent aussi leur domination historique dans le calcul intensif. Certes, ils apparaissent à la traîne avec 126 machines du Top 500, derrière la Chine qui en compte 173. Mais en capacité de calcul installée, ils restent de loin leaders avec 47,3 % de la puissance de calcul du Top 500, devant la Chine qui n’en détient que 12 %.

Retour en force d'AMD

Frontier confirme aussi le retour en force d’AMD dans le calcul intensif. Cette machine est en effet motorisée par des processeurs de calcul Epyc et accélérateurs graphiques Instinct d’AMD, alors que la plupart des supercalculateurs privilégiaient auparavant des processeurs de calcul d’Intel et accélérateurs graphiques de Nvidia. AMD est présent dans 94 machines du Top 500, dont la moitié des 10 supercalculateurs les plus puissants et deux des trois des plus rapides au monde. Une progression fulgurante par rapport au Top 500 de novembre 2018 où AMD ne motorisait que deux machines avec ses puces.

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