Renforcer sa plateforme multimodale et décarboner ses activités. Le groupe Ports de Strasbourg vient de présenter ses objectifs et sa trajectoire d’investissement sur les dix prochaines années. 197 millions d’euros seront investis pour développer, moderniser et maintenir les infrastructures et les équipements. Une part importante de cette enveloppe, 70 millions d’euros, est prévue pour développer la capacité ferroviaire du site strasbourgeois.
Les Ports de Strasbourg qui comptent, outre le port de Strasbourg, plusieurs sites le long du Rhin, de Marckolsheim à Lauterbourg, au sud et au nord de la capitale européenne, disposent de cent kilomètres de voies ferrées reliées au réseau national. 17 navettes ferroviaires par semaine desservent les ports maritimes. L’enjeu est de doubler ce trafic à l’horizon 2030-2035 en créant de nouvelles infrastructures sur le terminal à conteneurs sud du port, dédié au trafic fluvial et aux colis lourds. Les travaux d’accessibilité, 14 millions d’euros sur les 70 millions budgétés, ont démarré.
Une phase de concertation publique sera organisée du 16 octobre au 18 novembre pour arrêter le projet définitif : longueur des voies, articulation entre voies ferrée et fluviale, type de bâtiment, etc. «Notre enjeu est d’en faire un terminal exemplaire sur la partie environnement», souligne Claire Merlin, directrice générale des Ports de Strasbourg.
Industries décarbonées
L’enjeu est d’inciter les industriels et les logisticiens installés sur la zone à utiliser davantage le train ou les barges pour transporter les marchandises. «Nous disposons déjà de nombreuses installations terminales embranchées, qui arrivent directement dans les entreprises et qui peuvent être rénovées. De plus, la région Grand Est soutient fortement le report modal», reprend Claire Merlin. Le port mise aussi sur son réseau de chaleur, R-PAS, développé avec l'opérateur Réseaux de chaleur urbains d'Alsace (R-CUA), pour décarboner les activités de ses clients. La zone portuaire est également lauréate de l’appel à projet Zone industrielle bas carbone (Zibac) porté par l’Ademe, qui finance des études en vue d’une décarbonation complète d’ici à 2050.
Une trajectoire dans laquelle doivent s’inscrire les prochaines industries qui viendront s’installer sur le site. «L’usine de raffinage de lithium de Viridian qui s’implante à Lauterbourg et qui contribue à la décarbonation de la filière automobile rentre dans cet objectif», illustre Claire Merlin. Un schéma directeur d’aménagement de la zone portuaire va être mis en place pour identifier les vocations des espaces à long terme – industrielle et logistique – afin d’optimiser les services associés.
Les investissements des dix prochaines années comprennent aussi la poursuite de l’aménagement de la plate-forme portuaire de Lauterbourg, les travaux d’entretien des équipements et des infrastructures de l’ensemble des sites, et des travaux de modernisation, notamment la poursuite de l’aménagement du réseau cyclable.



