Le ferroviaire n'a pas été oublié par le plan de relance

Le transport n’a pas été oublié dans le plan de relance du gouvernement, et tout particulièrement le ferroviaire qui obtient plus de 5 milliards d’euros.

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Inspection des voies à la gare SNCF de Versailles-Château-Rive-Gauche - Septembre 2018
La SNCF n'a pas été oubliée par le gouvernement dans son plan de relance.

Si la France veut se conformer aux objectifs du green deal d’une neutralité carbone en 2050, le transport est un des secteurs où les progrès à accomplir sont les plus nombreux. Le gouvernement l’a bien compris en octroyant 11 milliards d’euros à ce secteur, dont la moitié pour le ferroviaire.

Car la priorité est de favoriser le développement des modes de transport alternatifs qui n'émettent pas ou peu de CO2, à commencer par le train. Cela passe par une accélération de la remise à niveau du réseau pour favoriser le développement du fret ferroviaire, des transports du quotidien, mais aussi le retour des trains de nuit. Les efforts entrepris avec la loi du Nouveau pacte Ferroviaire de juin 2018, doivent donc être amplifiés, alors que les chantiers ont bien souvent pris du retard avec la crise du Covid-19.

4,7 milliards d’euros pour la SNCF

La SNCF a particulièrement souffert durant le confinement et continue à perdre de l’argent en raison de d’une fréquentation insuffisante des trains. Au premier semestre, la perte de chiffre d’affaires par rapport à l’année précédente a atteint 3,9 milliards d’euros et le résultat net -2,4 milliards d’euros. 

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Le plan de relance prévoit une enveloppe de 4,7 milliards d’euros pour la SNCF, dont une partie servira à soulager ses finances (une recapitalisation de 1,8 milliard), mais elle devra aussi céder des activités pour se renflouer. L’objectif est en priorité de continuer la régénération du réseau (2,3 milliards) pour augmenter sa capacité et sa production. Et sauver les petites lignes en collaboration avec les Régions. "Deux protocoles ont d’ores et déjà été signés avec les régions Grand Est et Centre-Val-de-Loire et des discussions sont en cours avec l’ensemble des autres régions. À titre d’exemple, les lignes Bourges-Montluçon en Centre Val de Loire ou Nancy-Saint-Dié en Grand Est sont concernées par le plan d’action", indique le gouvernement.

Relancer le fret ferroviaire

Il est aussi prévu de rouvrir deux lignes de trains de nuit avec du matériel neuf dès décembre 2021 entre Paris et Nice et Paris-Tarbes-Hendaye, selon Jean-Pierre Farandou, le patron de la SNCF, de réaliser l’accessibilité des gares pour les personnes à mobilité réduite d’ici 2025 et de soutenir SNCF Réseau pour mettre en place les techniques alternatives au glyphosate.

Et l’un des chantiers essentiels est la relance du fret ferroviaire. Le gouvernement s’est engagé à doubler sa part d’ici à 2030 (de 9 à 18 %) et à répondre favorablement au plan de relance de l’association 4F (Fret Ferroviaire Français du Futur) qui regroupe principalement SNCF Réseau et les opérateurs de fret ferroviaire et de transport combiné. Ce plan prévoit environ 15 milliards d’euros d’investissements, mais ils seront en partie financés par l’Europe et les investissements sur les infrastructures concerneront aussi le transport de voyageurs (nœuds ferroviaires, nouvelles lignes,…).

D’autres financements pour le rail

Le ferroviaire bénéficiera également d’autres financements. 550 millions d’euros sont prévus pour accélérer les infrastructures de transport, notamment le Lyon-Turin, et le report modal du transport de marchandises de la route vers le fluvial (175 millions d’euros) et le rail.

Les accès ferroviaires aux ports sont également prévus ainsi que leur verdissement avec l’électrification à quai (200 millions d’euros) pour permettre aux navires de ne plus utiliser d’énergie carbonée. Mais le rail obtient aussi une partie des 1,2 milliard d’euros destinés aux transports du quotidien. Une partie est en effet prévue pour accélérer des projets de métros, tramways et RER métropolitains dans les grandes villes (330 millions d'euros). Avec le concours des régions, le budget sera quadruplé. Les transports en Île-de-France bénéficieront également de cette manne financière (700 millions d'euros) pour accélérer les projets en cours, notamment ceux liés aux Jeux Olympiques, la désaturation des RER A et B et l'extension de lignes de métro et d'Eole (RER E).

200 millions d’euros seront enfin consacrés au vélo pour poursuivre et pérenniser le développement des pistes cyclables, la sécurisation des vélos… Car les mobilités douces ont de plus en plus leur place au quotidien.

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