Changement de visage à la tête de la filière industrielle française la plus exportatrice. Le directeur général de Safran, Olivier Andriès, s’apprête à prendre la présidence du groupement des industries françaises aéronautiques et spatiales (Gifas), d’après deux sources concordantes. Il sera officiellement élu le 10 juillet prochain, lors de l’assemblée générale de l’association professionnelle. Et va piloter une filière en bonne santé, comptant plus de 500 entreprises, mais confrontée néanmoins à de nombreuses difficultés et évoluant dans un contexte international chahuté.
Sans surprise, c’est donc le patron d‘un grand donneur d’ordre de l’aéronautique qui prend les rênes du Gifas. Olivier Andriès succèdera ainsi à Guillaume Faury, le président exécutif d’Airbus, qui occupait ce poste depuis 2021. Auparavant, c’est Eric Trappier, le directeur général de Dassault Aviation, qui avait endossé le costume, aujourd’hui par ailleurs président de l’Union des industries et des métiers de la métallurgie (UIMM).
Un pur produit Safran
Olivier Andriès, 63 ans, est directeur général de Safran depuis 2021. Successeur de Philippe Petitcolin à ce poste, ce diplômé de l'École Polytechnique (promotion 1981) et de l'École des Mines de Paris (promotion 1984) est entré au sein du motoriste en 2008, après plusieurs expériences ministérielles et responsabilités au sein de Lagardère et Airbus. Il a été notamment directeur général adjoint de branche défense-sécurité de Safran, président-directeur général de Safran Helicopter Engines et président de Safran Aircraft Engines.
Il est peu dire qu’Olivier Andriès arrive à la tête d’une filière à un moment charnière. Sonnée par la crise Covid, l’industrie aéronautique s’est peu à peu relevée, malgré d’innombrables tensions au sein de la chaîne de fournisseurs. Hausse des coûts salariaux et des matières premières, pénurie de composants, manque de talents, hausse de la facture énergétique… Sur fond d’inflation généralisée, les industriels ont tiré la langue pour remonter les cadences de production.

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Un contexte chahuté
Aujourd’hui, l’environnement s’est apaisé et la filière espère réaliser sans trop de heurts quelque 25000 embauches en 2025. Au total, le Gifas représente 222000 salariés, contre 202000 en 2019. Dans le civil, les carnets de commandes sont pleins : celui d’Airbus tutoie les 9000 avions, à l’issue du salon aéronautique du Bourget. Dans la défense, les budgets des Etats sont tous orientés à la hausse, ne laissant guère de doute quant à la trajectoire industrielle de ce segment. En 2024, la filière a généré un chiffre d'affaires de 77,7 milliards d'euros, en hausse de 10%.
Mais à peine relevait-elle la tête, que la filière affronte désormais des vents contraires. Olivier Andriès va devoir s’ingénier à ce que le secteur ne tangue pas trop malgré la bourrasque trumpienne. La hausse des droits de douane provoque de sérieux remous au sein de la chaîne de fournisseurs, et force déjà à revoir certains schémas logistiques. De quoi fragiliser les plus petits acteurs.



