Privé des applis de Google pour cause d’embargo américain, le champion chinois de la high-tech Huawei riposte en lançant Harmony OS, son alternative propriétaire à Android, avec l’ambition d’imposer son propre écosystème, à l’instar d’Apple avec iOS. Une démarche audacieuse, mais compliquée.
Huawei doit construire son parc installé à partir de zéro puisque Harmony OS n’est pas rétrocompatible avec son parc existant, fondé sur la plate-forme Android. Asphyxié par l’embargo américain, il joue sa survie avec Harmony OS. L’enjeu est d’attirer les développeurs d’applis pour remplir son AppGallery, équivalent du Play store de Google.
Les analystes sont sceptiques. Pour les développeurs, cela entraîne des coûts de portage et de maintenance difficiles à amortir alors que parc est quasiment inexistant. Huawei compte sur son énorme marché local, où Google est interdit. À l’international, il mise sur son large portefeuille de produits. Au-delà des smartphones, où il est tombé à la sixième place mondiale avec seulement 4 % des ventes en volume au premier trimestre 2021, selon le cabinet Counterpoint, alors qu’il était numéro deux en 2019, il se targue d’être présent dans les PC, les tablettes, les montres, les écouteurs, les téléviseurs et bien d’autres objets connectés.
Pas moins de 100 produits ont été lancés avec Harmony OS. Le défi est de convaincre les consommateurs attachés à l’univers de Google, notamment en Europe, son deuxième plus gros marché après la Chine. Il n’a pas le choix. À l’abri des pressions de la Bourse et disposant de grandes ressources, il s’inscrit dans une stratégie de long terme, avec la mobilisation de ses 190 000 salariés et le soutien du gouvernement chinois.



